Il a quitté le quartier de la bohème branché de Lapa à Rio de Janeiro où la musique sombre de plus en plus dans la déliquescence pour trainer ses guêtres à Sao Paulo, où il a noué de nouvelles amitiés avec de bons musiciens comme le guitariste Swami Junior ou le percussionniste Joao Parahyba. Sur son dernier disque, Il a aussi invité Zeca Baleiro, le chanteur nordestin, ainsi que le guitariste rock Edgar Scandura et il s’est fait accompagner par le producteur en vue Paulo Lepetit pour illustrer une variété de rythmes et de sons qui vont du samba-rock à la MPB en passant par les samples et les touches électro incontournables d’aujourd’hui. Cette nouvelle destination explique le titre de l’album qui est une contraction du mot français sympathique avec la dénomination affectueuse « Sampa «  donnée à la ville de Sao Paulo(pour mémoire, il faut se reporter à « Sampa », la belle chanson de Caetano Veloso).

Né à Paris dans une famille arménienne, donc sensible au déracinement ( les chansons «Expatrié » et «  Pourparlers de paix » qui ont un parfum protest-song ), Nicola Són aurait découvert à l’adolescence « Ligia » de Jobim par Joao Gilberto ; il y a de plus mauvaises références pour découvrir la musique brésilienne. Comme beaucoup, Pierre Barouh ou Bernard Lavilliers pour n’en citer que quelques-uns, il a pris son sac à dos et a parcouru le pays du nord au sud, a appris la langue – qu’il maîtrise apparemment parfaitement aussi bien dans l’écriture que dans l’accent - et pris conscience des réalités sociales d’un pays qui a toujours fasciné les Européens. L’homme, à travers ses choix artistiques et ses compositions, est plutôt attachant et l’affection qu’il porte au pays semble sincère (une autre attitude était-elle envisageable , dites-moi ?)

Sampathique s’ouvre sur des notes de guitare acoustique et un tapis souple de percussions en une bossa nova qui renvoie au chanteur Wilson Simonal et au Gilberto Gil des années 1970/ 1980. Agréable mais pas vraiment neuf, avec son petit côté musique brésilienne pour gringos. Les textes, qui mixent allègrement le portugais et le français, parfois dans le même vers, sont parfois d'une fade poésie mais collent parfaitement aux mélodies. Vouloir marier ses vers à ceux de Rimbaud (« L’éternité ») est pour le moins osé et il aurait fallu le talent d’un Mort Schuman pour adapter Brel en portugais (d’autant plus que l’art du Grand Jacques n’entre pas en affinité élective avec la musique brésilienne).

Quand on n’est plus particulièrement attiré par la chanson promue par le show biz, qu’elle soit brésilienne native ou française tropicalisante, on reste démuni. Faut-il se laisser aller à un certain dédain, à l’indifférence, au rejet ou au contraire accepter une pincée de bons plans et de bonne humeur ? Qui suis–je pour critiquer un travail somme toute bien ficelé et un talent réel si ce n’est que j’ai le droit à la plus grande subjectivité? «  Sur mon nuage », belle déclaration d’amour à Sampa ainsi que « Quem Nao Sait pas pleurer » (accompagnement sobre dévolu à une guitare 7 cordes, un bandolim et un accordéon) sont des titres qui ont attiré mon attention.

Philippe Lesage

Nicola Són, Sampathique, sortie en février 2016

En concert dans l'Hexagone :

Le 19 février à Perpignan

Le 20 février à Bages

Le 3 mars au Studio de l'Ermitage (Paris XXe)

 

 

 

 

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