Nishtiman ProjectKobane (Accords Croisés / Harmonia Mundi/Pias)

Nishtiman Project dessine avec Kobane, son nouvel album, l’avenir d’une patrie. Quand la musique offre un voyage... au Kurdistan. Où ? au pays des Kurdes, créé en 1150 par le Sultan Sanja.

Quelles sont les frontières de ce pays ? Là cela commence à se corser, on ne parle pas de pays mais de région, qui s'étend de la Turquie à la Syrie en passant par l'Irak et l’Iran. Sur ces quatre pays, seuls les deux derniers reconnaissent officiellement une région nommée - Kurdistan -.

Une succession d’invasions, de traités plus ou moins respectés, de génocides ont fait de ce pays une région. Il faut aussi savoir que le sous-sol riche de réserves pétrolières et d’eau, a entrainé des aides étrangères,  des Etats Unis ou de l'Europe. Bon pour faire plus rapide et plus actuel, depuis la guerre civile syrienne de 2011, les Kurdes de Syrie ont pris le contrôle de certaines zones qui composent le - Kurdistan Syrien - dont la ville de Kobane à 150 km d’Alep.

Mais comment une histoire et une géographie qui frôle le chaos peut-elle engendrer un album qui  revendique être le message musical de la patrie Kurde, puisque Nishtiman veut dire patrie ?

C’est le fruit acharné du travail du percussionniste Hussein Zahawy, originaire du Kurdistan Irakien. Né en 1980 dans une petite ville d’Irak, il a fuit l’Iran avec sa famille pour échapper au régime de Saddam Hussein, en exil à Londres. Là-bas, aidé par le compositeur Sohrab Pournazeri, il a fondé Nishtiman, afin de créer l'album d’un Kurdistan unifié. Déjà en 2011, cet ensemble avait sorti Kurdistan. En 2016, à la suite d’une tournée internationale Nishtiman project revient avec le même but, présenter une patrie métissée et unifiée selon le concept du philosophe Edouard Glissant, enrichie d’un message vers un futur meilleur.

L'album commence par une pièce vocale et instrumentale. « Kobane » relate la victoire du peuple Kurde et de ses femmes guerrières. La chanteuse Donya Kamali égrène sa plainte sur un texte mythologique du feu sacré du zoroastrisme et les morceaux se nourrissent du folklore traditionnel comme « Khor Halat » morceau joué au lever du soleil.

L’amour abordé dans « Shirin »,  par trois notes qui suivent les coutumes de la région d’Oraman, nous fait voyager dans l‘espace, tandis que« Kohbod » propose un voyage dans le temps qui évoque la tradition ascétique du yârsânisme, religion née au XIVe siècle mais rattachée à un ensemble de cultes antérieurs à l’islam. Coup de cœur pour «Ghanj Kalil », une très belle pièce méditative introduite par le maître des hautbois Ertan Takin.

Nishtiman Project personnifie l'une des multiples preuves que le destin de tout un peuple est de se nourrir de son histoire, de ses différences et d'engendrer son avenir par la musique et non par les canons.  

Sohrab Pournazeri : Composition, Tanbur, Kamanché - Hussein Zahawy : Direction artistique, Daf, Dohol, Bendir - Ertan Tekin : Zorna, Balaban, Duduck  – Donya Kamali: Chant - Mayar Toreihi : Santour - Robin Vassy : Percussions.


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