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Michel Camilo & Tomatito, Spain Forever

L’Espagne en idée – fixe et point de référence, la culture hispanique en ses modulations et transmutations latino – américaines, c’est ce que divulgue, une nouvelle fois, le duo intermittent du pianiste dominicain Michel Camilo et du guitariste flamenco Tomatito. Après Spain paru en 2000 et Spain Again en2008, quel attributif vont –ils donner à un éventuel  quatrième album après la parution ces jours –ci de Spain Forever?

Nos deux compères s’étaient rencontrés, pour la première fois, dans le cadre d’un festival de jazz madrilène, en 1984. A l’époque, Michel Camilo, né à Saint Domingue en 1954, accompagnait le saxophoniste cubain Paquito D’Rivera etJosé Fernandez Torres aka Tomatito, né lui en 1958 à Alméria, en Andalousie, était l’accompagnateur attitré du fantastique chanteur Camaron de la Isla et un émule du guitariste Paco de Lucia dont il suivra l’exemple dans la constitution de ses propres formations de fusion flamenquisée.

Comme il est assez peu commun d’entendre une formule piano et guitare -  on pense immédiatement à la rencontre de Bill Evans avec Jim Hall -, c’est un plaisir de reprendre le fil des deux albums précédents du duo – surtout le très beau et innovant Spain – qui avaient séduit un large public. Spain Forever réédite le plaisir de la mélodie paresseuse ou vive, le beau son, les fêlures du boléro, la sérénité des matins calmes et la virtuosité instrumentale non ostentatoire. L’âge et les rides aidant, la musique se dévoile plus tendre, plus mélancolique et moins ludique sauf lors de la plage conclusive « Armando’s Rhumba »,  une composition de Chick Corea en hommage à son père.

Un peu comme s’ils choisissaient d’emprunter le chemin de la synthèse, nos compères ouvrent leur album sur « Agua & Vinho », une composition du brésilien Egberto Gismonti dont les caractéristiques sont d’être à la fois un excellent pianiste et un guitariste virtuose. On retrouve là quelque chose des disques enregistrés par Gismonti pour ECM avec le percussionniste Nana Vasconcellos et Charlie Haden. On recroise l’aura du contrebassiste dans «  Our Spanish Love Song », sa propre composition qu’il a souvent jouée avec Pat Metheny ou avec son protégé, le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba. Une chanson comme pour rappeler son addiction à l’Espagne, aux accents latins et aux chants révolutionnaires espagnols et du tiers monde.  Une fois entendue, cette mélodie ne quitte pas notre esprit. La milonga « Oblivion « de Piazzolla arpente un autre climat, plus chargé d’intensité angoissante. «  Cinéma Paradiso » d’Ennio Morriconne distille sa mélancolie comme la belle version du «  Nuages » de Django Reinhardt ou du «  Manha de Carnaval » de Luiz Bonfa. Chick Corea étant implicitement le parrain de l’histoire du duo, il était normal de conclure sur le thème «  Armando’s Rhumba », un peu comme une boucle avec la composition «  Spain » du premier album.


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