La Gallera Social Club & Ablaye Cissoko - Maa Ngala

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La Gallera Social Club & Ablaye Cissoko, Maa Ngala

Maa Ngala est une création des jumeaux vénézuéliens de La Gallera Social Club – déjà auteurs des albums Ecos Del Tercer Mundo Vol 1 & 2 – avec le joueur de kora sénégalais Ablaye Cissoko qui lui est issu d’une famille de griots. Par gout et par expérience plutôt rétif aux projets souvent artificiels de métissage musical, mes réticences sont vite tombées face à cette réalisation qui transpire une forme de sincérité qui emporte l’adhésion. Cela tient sans doute à des subtilités et à des nuances qui font que sur certaines plages, c’est plutôt la mélancolie africaine et sa dimension hypnotique qui l’emportent alors que d’autres titres, d’ailleurs chantés en espagnol, versent allègrement vers la cumbia rock et des rythmes traditionnels vénézuéliens. Cela s’explique aussi par la proximité des pulsations rythmiques et des sons aigrelets des cordes de la kora avec ceux de la traditionnelle arpa indigena telle que l’on peut la découvrir dans les albums de Juan Vicente Torrealba ou chez El Indio Figueredo dans la seconde moitié du siècle dernier.


Cette insémination réciproque n’était pas si évidente que cela parce que la musique vénézuélienne est une musique créole plus imprégnée d’origine ibérique et amérindienne que noire contrairement à Cuba, au Brésil et même à la Colombie et au Pérou. Il n’en reste pas moins que le mandiga de la civilisation africaine a infusé aussi au Venezuela après la déportation des esclaves ; le projet entre La Gallera Social Club et Ablaye Cissoko n’est donc pas totalement un choc frontal des cultures.


Dans  ce disque de musiques métissées qui navigue entre accents festifs et mélancolique, on laisse le chant s’écouler,  souvent d’une manière assez fascinante et prenante. On retiendra en priorité  la beauté magique de « Souma Manone », le très hypnotique « Politiki » aux saveurs cap verdiennes ainsi que « Baye » qui fait penser à certaines chansons du gabonais Pierre Akendengue sans omettre  « San Juan» où les instruments de percussions et la manière de placer la voix nous emportent vers une cumbia rock endiablée.

En concert à la Petite Halle le 31 mars 2018

Chroniques - par Philippe Lesage - 13 mars 2018


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