Dorantes - El Tiempo Por Testigo…a Sevilla

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Dorantes,  El Tiempo Por Testigo…a Sevilla

Piano et flamenco ne partagent pas un grand amour même s’il y eut dans les limbes de l’histoire José Romero et Tomas Pavon et tout récemment un bon pianiste au sein du trio Proyecto Lorca qui accompagne la chanteuse Rocio Marquez dans Firmamento. Il est vrai qu’il est plus facile de trimballer une guitare qu’un piano dans les fêtes andalouses inopinées. David Pena Dorantes, bientôt la cinquantaine, s’est donné pour objectif de faire du piano un monument du flamenco et il prend le temps pour témoignage ; c’est le titre de son dernier album, enregistré en trio dans son propre studio.

Né au sein d’une famille gitane de Lebrija qui comptait dans ses rangs les artistes La Perrata et El Lebrijano, excusez du peu, Dorantes a accompagné de grandes voix comme Diego El Cigala, Miguel Poveda et Esperanza Fernandez. Il a conçu son dernier album autour de titres nouveaux et d’autres plus anciens comme « Orobroy », « Caravana De Los Zincalis » ou « Sin Muros Ni Candados ». Il fait montre d’une digitalisation époustouflante, d’un toucher fluide et élégant. Jamais mièvre, il est plus porté sur la beauté du son et l’ancrage rythmique que sur la mélodie. Il privilégie les ruptures et les ruissellements de notes. Comme il est assez difficile d’étiqueter sa musique, on pourrait  situer son esthétique un peu rapidement entre jazz rock et affinités vers Keith Jarrett. Il esquisse une inscription savante et élégante de «  palos » sans citations littérales. On aime beaucoup «  La Maquina »,la plage d’ouverture , où le piano dialogue avec les touches d’une machine à écrire.

Chroniques - par Philippe Lesage - 1 février 2018


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