Julien Loureau & The Groove Retrievers

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Julien Loureau & The Groove Retrievers
(2birds1stone)

Des terres fertiles du jazz aux landes sauvages de la musique électronique en traversant les contrées vallonnées du funk ou du hip hop, l’explorateur Julien Loureau, saxophoniste au long cours et aux idées prolifiques, ne se trouve jamais là où on l’attend.


Il a cette fois rassemblé un nouvel équipage aux quatre coins du monde pour nous embarquer à bord du « groove retrievers ». Percussions cubaines, chanteuse haïtienne, cuivres jazz, violon oriental…cette famille recomposée hisse comme un seul matelot les voiles multicolores de l’embarcation dans le souffle chaud du saxophone, ce souffle qui porte les effluves d’une précédente expédition, il y a vingt-cinq ans, celle qui avait mené le « Groove gang » vers d’autres territoires…


A bord, c’est un nouveau monde qui s’organise, polyglotte, joyeux, dans une fanfare presque dissonante dont les tensions harmoniques nous entraînent loin des mers d’huile d’un groove ronronnant, au rythme des compositions tumultueuses de Julien Loureau. Le son cubain est électrisé par des éclats de Rhodes, les mélodies orientales de Jazzer Youssef sont mises en relief par les riffs de guitare de Mathilda Haynes, et le Baryton incisif de Céline Bonacina pousse sans relâche le combo dans ses retranchements.


Dès les premières notes du « Gafieira Universal Medley » qui ouvre l’album, le son unique du groupe, organique, lumineux et intriguant à la fois, nous entraîne dans cet univers si singulier, en forme de puzzle cohérent des différentes cultures et influences des musiciens.
La chanteuse Mélissa Laveaux est la figure de proue de cet opus, mettant à nue son âme dans les embruns de trompette et de piano, de sa voix à bout souffle, doucement éraillée, entre influences haïtiennes et accents tziganes, dans des feulements et des phrasés dont elle semble avoir seule le secret.


Cette dernière a intégré sur l’invitation du saxophoniste le projet des « Groove Retrievers », dont la genèse était la création de la musique d’un film. Depuis le laboratoire de la bande originale de « Ma Révolution », portrait d’un adolescent en quête de son identité sur fonds de révolution de jasmin, jusqu’à la scène où il se produit et fait vivre librement sa musique, le jeune groupe a déjà une trajectoire qui nous promet encore de belles découvertes !

Chroniques - par Xavier Leblanc - 14 décembre 2017


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