Jean-Marc Foltz & Philippe Mouratoglou - Legends Of The Fall

Capture d’écran 2017-11-17 à 12.30.29.png

Jean-Marc Foltz & Philippe Mouratoglou, Legends Of The Fall (Visions Fugitives)

Les dix séquences de Legends Of The Fall, librement inspirées des nouvelles de l’écrivain américain Jim Harrison (Légendes d’Automne dans la traduction française) déroulent une musique fluide qui semble épouser un temps en suspens, un peu comme un sablier qui laisserait s’écouler les grains de sable. L’impression sonore colle étroitement à l’illustration de la pochette due à Emmanuel Guibert. C’est un disque d’atmosphères et d’images mentales qui invitent à un nomadisme en une terre silencieuse où se confronter à un monde de légendes, en marchant nez au vent. Une musique où  rien ne semble être dit et où tout est exprimé.


En dix ans de vie musicale commune, le clarinettiste Jean-Marc Folz, venu du jazz et de la musique contemporaine, et le guitariste Philippe Mouratoglou, lui issu du monde de la musique de la Renaissance et de la musique contemporaine, n’ont cessé de dialoguer et d’élargir leur champ d’exploration. Jusqu’à figer leurs échanges en créant le label Vision Fugitive, une dénomination qui colle bien à leurs errances musicales.


Dans Legends Of The Fall, on reste fasciné par le beau son propre et précis de guitare venu en droite ligne de l’école du classique, en notant au passage que Philippe Mouratoglou joue d’une  guitare en cordes en acier avec usage des accordages alternatifs. Lorsqu’il souffle dans ses clarinettes, surtout dans les graves (« Solar Wind »), Jean-Marc Foltz semble avoir pour modèle Michel Portal mais certains instants font penser à des expressions de Yom. La verticalité des ponctuations de la guitare croise l’horizontalité étale de la clarinette. Sur quelques plages, le percussionniste Ramon Lopez appose sa patte avec la finesse qui le caractérise.  On se laisse porter par cette musique d’apparence minimaliste mais qui n’est pas sans colonne vertébrale et qui vibre parfois  comme un folk blues rural (la virilité de «  Night Hunt », par exemple).


Autres articles

Philippe LesageComment