Chlorine Free, Free Speech

Chlorine Free, Free Speech (DuNose)

Le groove hip hop old-school d’inspiration A tribe called Quest de Chlorine Free porte des textes engagés dans Free Speech, leur troisième opus, entre hymne écolo et appel à prendre en main sa destinée.

Avant ça, il y avait eu un 1er album qui donnait un coup de frais électro à ce jazz funk ; puis un second LP qui avait valu au groupe une reconnaissance officielle comme digne héritier du Headhunters d'Herbie Hancock. Free Speech prend, lui, les chemins du hip hop.

Le verbe est porté haut par des invités de marque, de Mike Ladd au très en vue Soweto Kinch, saxophoniste et rappeur de talent, en passant par Mobydick ou Nya, qui apparaissait déjà sur Le Fish, le précédent album. Dans Free Speech, c’est comme si leur nature sauvage du jazz funk avait recolonisé les rimes urbaines des rappeurs, sur un tempo electro-breakbeat implacable. Les lyrics sont enchevêtrés de phrasés de flute, de chorus de piano Rhodes luxuriants et de riffs de trombone persistants.

Si les productions de Booster, dont la patte est toujours identifiable, et l’esprit de Magic Malik dans « Loop in release » sont bien présents, la personnalité du groupe se révèle au fil des albums, dans un univers à la fois cohérent et sans tabous. Les ornements de basse de « Elsa », le chorus de trombone qui s’immisce d’abord comme la plainte d’une trompette dans « rêves perdu » avant de prendre corps, et les subtilités contrapuntiques du piano pour conclure ces 17 pistes avec « JH » sont autant de pépites que l’on redécouvre avec le même émerveillement à chaque nouvelle écoute.

Voici un album qui vous nettoie les oreilles sans produit chloré, avec une musique qui fait la synthèse entre Jazz 70’s, Hip Hop et rythmes épileptiques de l’electro version Warp.

Chroniques - par Xavier Leblanc - 10 novembre 2017


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