Shai Maestro entre sur scène accompagné de son trio et lance d’une voix émue : ‘I can't tell you how amazing it is’. Le New Morning est silencieux et plein à craquer. Il se met au piano, et le concert passe d’un trait. On perçoit dès les premières secondes une relation musicale absolument fusionnelle, dont ils se servent pour créer une perpétuelle surprise. L’exceptionnel batteur Ziv Ravitz ne cesse d’explorer de nouveaux motifs, dans des morceaux souvent très complexes rythmiquement. Shai et Jorge Roeder le suivent avec aisance, eux-mêmes très rythmiciens dans leurs façons de jouer. Souvent, Shai se concentre sur des leitmotivs rythmés pour laisser le champ libre à Ziv qui transforme la batterie en un véritable instrument mélodique. La mélodie, le trio s’en éloigne très vite pour s’envoler dans de longues improvisions tout en nuances. On passe dans un même morceau d’une ligne de basse groovy à des nappes remplies de lyrisme jouées au piano et la basse à l’archet. On navigue tout aussi entre des riffs enjoués aux allures arabo-andalous et des mélodies plus classiques.

Le renouvellement est perpétuel et les trois musiciens savent créer une tension immense dans leurs improvisations, ce qui nous laisse en haleine. Puis, on peut apercevoir Shai faire un signe de la main à ses musiciens et ils reprennent le thème. Angelo, One for AC et The Flying Shepherd, le public a entendu des morceaux de l’album et découvert une composition de Ziv Ravitz ainsi qu’un titre complètement inédit, "nous venons juste de le finir pendant les balances de notre tournée en Suède". Le concert se termine. Shai remercie le public d’une voie douce et salue longuement ses musiciens. Il est ému. Sa famille est dans la salle.

Finalement, ses compositions sont empreintes de sa personnalité sincère, humble et un peu shai : leader, il laisse la place aux musiciens et fait preuve d’une capacité d’écoute exceptionnelle. Les interactions et le feeling sur scène entre ces trois virtuoses en sont d’autant plus extraordinaires. Après deux rappels, on peut lire l’étonnement sur le visage des spectateurs. C’est évident, on s’est pris une claque musicale.

 

Tiphaine Guerout

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