Nouvel Album : Bonafied

En plein milieu du deuxième set, Bona nous regarde et lance en anglais d’une voix à la fois ferme et amusée : ‘On a deux problèmes. Les politiques et les banquiers’. Rieur, il nous raconte ensuite une anecdote lorsqu’il était au guichet d’une banque pour réclamer le remboursement de frais bancaires injustifiés. Plus tard, il s’exclame, ‘neuf concerts sur dix diffusés à la télé sont joués en play-back. On triche avec nous’. ‘Moi je ne veux pas de tout ca’. Alors que beaucoup de musiciens préfèrent rester silencieux sur les sujets politiques, Bona a pris la décision de s’exprimer librement. Avec un certain naturel, il nous fait part de sa révolte et c’est d’ailleurs le sens qu’a pris son dernier album Bonafied, comme il l’explique dans de nombreuses interviews. En anglais, en français ou en douala, sa langue natale, Bona nous conte en musique sur Bonafied des histoires inspirées par son appréciation du monde.

Pendant son concert, il privilégie les mélodies intimistes chantées, agrémentées en acoustique par trois violonistes et un violoncelle qui teintent le concert d’un lyrisme mélancolique. Les solos des musiciens rythment les morceaux entre les couplets de Bona. Parfois, il double à la voix les solos des instrumentistes alors que la prouesse technique de ses envolées à la basse nous ravit. "Des types m’ont demandé de faire plus de solos de basse pendant mes concerts. Alors voilà…" lance t-il en souriant. Au deuxième morceau, Bona introduit son complice Vincent Peirani à l’accordéon qui a apporté une touche très jazz au set, notamment dans la reprise du thème "Three Views of Secret" de Jaco Pastorius, l’un des plus grands inspirateurs de Bona. Les voyages et les rencontres de Richard, teintent sa musique de multiples couleurs, ce qui lui donne une richesse bien à elle, acclamée par le public. Ce soir là, on a pu entendre des influences assez rock, avec les solos de guitare de Adam Stoler, des morceaux aux rythmes cubains avec des solos très latin jazz au clavier de Etienne Stadwijk, des dynamiques plus groove à la basse et à la batterie. Certains morceaux prenaient aussi l’allure d’une confidence. Bona a chanté des thèmes plus traditionnels comme "Eyala", avec des accompagnements minimalistes. Pendant ces passages, on pouvait percevoir en écho dans la salle, les murmures du public qui scandait les paroles. C’était émouvant. La salle connaissait très bien les albums de Bona, Bonafied et les autres. A la fin du concert, guidé par ses gestes, tout le monde chantait en cœur les riffs du titre "Oh sen sen". Bona voulait rester sur scène ‘je m’en fous du couvre feu, je joue, je joue !’ s’exclame t-il avec un certain humour. En tout cas, on ne voulait pas que ça se finisse…

Tiphaine Guerout

Comment

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out