En entrant dans le Duc des Lombard, je tombe nez à nez avec Omer Avital et Avishai Cohen esquissant, rieurs, quelques pas de danse dans l’entrée. Le reste du groupe amusé et détendu, les entoure. Ils montent gaiement sur scène et Omer entame alors une chorégraphie d’une heure et demie, durant laquelle il ne quittera ni son sourire ni son déhanché. Emporté par le groove, on l’aperçoit chanter les mélodies et taper dans ses mains entre chaque note. Sans aucun doute, le bassiste israélien entretient avec la musique un rapport joyeux. Cela se ressent d’ailleurs dans les compositions de son dernier album Suite Of The East qu’il nous présente ce soir.

Dès le premier morceau on est catapulté dans une ballade festive à la mélodie arabo andalouse, ponctuée par les riffs de Joel Frahm et Avishai Cohen. Avital pimente le tout avec des lignes de basse groovy. Les morceaux s’enchainent comme une suite, dans laquelle on navigue entre le Proche Orient, la musique des Balkans et le jazz, avec comme fil conducteur de jolis mélodies nuancées. Le style singulier de chaque musicien donne au groupe une dynamique hybride qui nous garde en haleine. Le son plutôt 80ies du saxophone tenor Frahm contraste avec le style plus moderne d’Avishai. Tandis que le pianiste Yonathan réagit presque immédiatement aux idées des autres. Les musiciens se connaissent tous très bien, ils ont collaboré dans de nombreux projets. Leur complicité et leur entente musicale leur permettent de passer d’un style à l’autre avec naturel et harmonie.

A la fin du concert, ils se lancent dans Impression de Coltrane à un tempo ultra rapide, alors que les deux soufflants nous offrent des solos effrénés. Avishai Cohen sort des suraigus étourdissants et reprend les premières notes du Sacre des Printemps de Stravinsky dans son improvisation. Beau clin d’œil aux cent ans de l’œuvre de l’artiste. Pour le dernier morceau, on aperçoit ce dernier faire signe et demander au public de se lever, pour danser. Sans succès. En tout cas, soirée réussie pour ce groupe dont les frontières musicales ne s’arrêtent définitivement pas au Proche Orient. Le public du Nice Jazz Festival, qui les a entendus hier, a partagé cet avis en leur faisant un standing ovation.

Tiphaine Guerout

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