Lourau et son quartet revisitent en trois set pimentés l’album Saïgon C’est avec naturel que le quartet de Lourau a fait son entrée sur scène ce samedi, dans un Sunside plein à craquer. Très vite on entre dans leur histoire : les ingrédients qui ont fait le succès de l’album Saïgon sont bien la. On retrouve le lyrisme du jeu de Lauren Coq, ses solos étonnants et la dextérité de sa main droite. On redécouvre également le jeu tout en subtilité et en nuance du batteur Kontomanou. Le jeune bassiste Viktor Nyber qui remplaçait Thomas Bramerie, s’est aussi révélé surprenant : ses solos ont pris la forme de confessions qui faisaient preuve d’une maturité certaine.

Finalement, celui que tout le monde venait écouter, le saxophoniste Julien Lourau nous a offert trois sets, en harmonie totale avec l’identité musicale qu’on lui connaît. Tout de suite, on distingue le son mat qu’il a au saxophone ténor et soprano. Justement, il s’amuse à le trafiquer : il crée des grésillements, s’embarque dans de longs vibratos, joue avec ses clés et avec le micro, monte dans les suraigus et crée des nuances avec ses jeux de souffle. Le public est enchanté. Dans chacun de ses morceaux, Lourau nous balade dans des univers différents. D’une ambiance swing à des solos plus bebop avec des passages tirant vers le free jazz, partout, Lourau est à l’aise. Ses compositions, ainsi que celles de Coq révèlent d’ailleurs la richesse musicale des deux musiciens : les mélodies sont décalées, les harmonies changent souvent, le tempo fluctue. On a l’impression que chaque morceau est un voyage qui n’a pas de feuille de route prédéfinie. Ainsi, on se laisse embarquer dans leur histoire inattendue.

Le quartet conclut le concert avec un troisième set pimenté, de Speak no Evil au dernier morceau de leur album A house is not a home. Alors, les musiciens se regardent et se lâchent encore plus. Finalement, Julien Lourau, avec son tee shirt de Gil Scott Heron sur le dos, quitte la scène comme il finit ses morceaux : avec une simplicité touchante. Ce concert n’a fait que confirmer sa réputation de figure incontournable dans le monde de la création jazz.

Vous pouvez réécouter son concert du Vendredi 8 février au Sunside sur le site de radio France :http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/jazz_club/emission.php?e_id=19&d_id=515005730

Tiphaine Guerout

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