Concert du vendredi 7 mars : André Ceccarelli/Baptiste Trotignon/Darryl Hall André Ceccarelli, batteur à la renommée internationale, fut au cour de sa carrière aux côtés de grands monuments de la musique : Stan Getz, Claude Nougaro, Tina Turner, Aretha Franklin et tant d’autres... Il s'accompagne ici de l’un des pianistes les plus reconnu du jazz français actuel, Baptiste Trotignon ("Choc de l'année Jazzman" pour son second disque "Sightseeing" et Prix Django Reinhardt en 2001). A leur côté, Darryl Hall, contrebassiste de référence.

Ce soir ils rejouent ensemble pour la première fois depuis 5 ans,  5 ans ! Pour l'occasion, ils improvisent des standards ; cette base qui n’en est plus une au bout de quelques mesures car le standard disparaît, s’efface rapidement pour laisser place à l’osmose magique qui règne sur scène. Le trio pratique “l’écoute de l’autre“ d’une façon bluffante, dans un langage commun où l'euphorie est contagieuse.

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Sur scène on assiste à l’échange sympathique de trois amis de longue date. S'en dégage du respect et de la classe. Le pianiste Baptiste joue parfois l’enfant pas sage, il tire la langue, se lève souvent et les toise dans un air de défi plein d'affection. La contrebasse de Darryl Hall est plus vivante que jamais, imperturbable, humble, comme un motard sur la route 66. La rythmique de André est celle d'un père qui dicte la mesure, qui grogne et impose le respect. Lorsqu’ils entreprennent un air plus romantique, une presque valse, ces hommes se la donnent et sur-joueraient presque. Et c’est ça qui est bon.

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André Ceccarelli : Je suis beaucoup touché par les voix, moi. Il y a un titre sur le dernier disque de Gregory Privat que j’ai énormément aimé, chanté par Gustav Karlström, le fils d’Elisabeth Kontomanou. Oh lala, superbe. → «Precious Song», sur l’album Tales of Cyparis 

Baptiste Trotignon : Dans la voiture avant de venir, ce que j’ai écouté c’est la 7ème de Bethov’ ; mais dernièrement j’ai découvert Melanie De Biasio, des balades zen, intimistes, un timbre à la Nina Simone. C’est très beau. → « With All My Love », sur l’album No Deal

Darryl Hall : Avant de venir, j’ai écouté du Gospel, c’était Kim Burrel. Elle est ce que l’on appelle aux USA « a belt singer ». Aujourd’hui nous avons de très belles voix mais rares sont les artistes qui chantent avec ce qu’elles ont « deep inside ». → "I Believe In You And Me, live"

Texte et illustration : LUCAS NADEL

Photographie : MARIE DEBRUNE