[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=fZoMzWraS_c] Akua Naru est un reptile ; mais à la différence d’un vulgaire caméléon, lorsque l’on regarde dans ses yeux on comprend ce qu’elle veut dire. Pas d’égo-trip, le flow est sincère.

Cette femme dégage une présence d’une force assez extraordinaire. Akua est une déesse. Autour d’elle, un chevelu aux platines, un saxo lunetteux alterne entre son délicieux cuivre et une boite à rythmes. Une batterie, une guitare, une basse, un synthé. C’est le DIGFLO Band, groupe qui l’accompagne sur l’album Live & Aflame. Que de talents. Ecoutez l’album, achetez le vinyle (vendu à 400 exemplaires !), cela vaut de l’or.

J’avais lu un article sur un site de musique électronique. Le chroniqueur en avait marre, il râlait. Il pestait, en bon français, sur ces types qui s’inventent des styles de musique aux noms divers et variés afin de qualifier l’inqualifiable, la prolifération de groupes aux mélanges poussés et influences extrêmes. Personnellement, j’en ai rien à foutre. Que j’appelle ça de la Soul Flying Milk HipHop si ça me chante.

Car Akua pose sur un mélange de Soul, Lounge, Funky TripHop et Jazz. Ses rimes frappent début 90’s, à l’image de ce bon vieux HipHop que l’on aime tant. Mais sa voix est douce, elle vous caresse les tympans, fait l’amour à votre nuque et votre tête bouge d’elle-même. Dieu que c’est bon.

Laissez-vous aller, faites-lui confiance, fermez les yeux ; Ou pas d’ailleurs, ouvrez-les, car la demoiselle est d’une beauté assez dérangeante pour une si bonne poseuse de flow. On s’enivre du tout, on devient accro, addict. Et forcément, lorsque cela s’arrête, le public, déjà en manque, en redemande. Nous sommes un gros bébé américain bien gras et Akua Naru est une magnifique poitrine qui ne contient pas assez de lait. Soul Flying Milk. HipHop.

On en prendrait par perf'. Rappel magique, et pour la toute fin, la scène se vide progressivement, musicien après musicien, rythmée, ponctuée par les bons vieux solos de chaque membre du groupe. C’est le moment auto-masturbatoire que l’on aime tant. Le concert finit sur un solo de batterie aux airs AfroBeats. Dingue.

Lucas Nadel

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