Il y a chez la harpiste Laura Perrudin une sérénité frappante pour une si jeune artiste. Empreinte d'un grand sérieux, sûre de son art, elle développe un répertoire des plus originaux. À l'âge d'or le 7 février pour une tournée parisienne en solo le temps de trois dates, elle nous a présenté durant deux sets quelques-unes de ses adaptations. Tant dans les reprises que dans ses propres compositions, Laura Perrudin déploie un rang étendu de références, notamment poétiques. Ainsi, « Twilight » le premier morceau qu'elle nous a interprété est une adaptation d'un poème de James Joyce. Mais il y a aussi eu Archibald, Jean Moréas, Oscar Wilde, Shakespeare...et elle-même. C'est parfait, chez Djam on aime la poésie. Ses morceaux prennent surtout la forme de ballades qui nous font passer par le jazz, la folk, la musique celtique ou le blues – nous invitant après son interprétation de « Born to be Blue » à écouter la version de Chet Baker. Nous avons ainsi eu droit à des reprises de «  juju » de Wayne Shorter, de « misty » (Errol Garner) et « in a sentimental mood » (ellington) ; et dans d'autres registres « riddle » de Becca Stevens ou des compositions de Kristen Noguès, harpiste bretonne qui lui sert d'influence. Ajoutons à cela les multiples langues dans lesquelles Laura Perrudin a chanté (français, anglais, portugais, breton...), et l'on pourra presque de droit faire d'elle une jeune érudite. Quoi qu'il en soit, l'important est que tout cela est admirablement interprété. Le mélange de harpe et de chant impose le calme en vous. Repos que Laura Perrudin détient entre ses mains comme un remède qu'elle peut instiguer à envie. Faut-il préciser que la rareté de la harpe en jazz est  telle que cette découverte n'en est que plus délectable ?

http://lauraperrudin.com

http://www.lagedorparis.com

Florent Servia

Photos : Marie Fantozzi

 

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