Le lundi 11 août dernier nous sommes arrivés à la Petite Pierre, en Alsace, pour une fin de tour en beauté. Les festivals s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Le cadre naturel du festival Au Grès du Jazz y est pour beaucoup. Entre le vieux centre du village, le château et la forêt environnante, la Petite Pierre inspire au calme et à la promenade. Journalistes revue jazz au festival au grès du jazz à la petite pierre

Lundi était un jour de « relaxe » avec un seul concert au Musée Lalique, dans une salle d’une cinquantaine de personnes. Ortie Duo avait été ajouté tardivement à la programmation, suite à un coup de coeur de Guy Hergott, le programmateur du festival. C’était l’une des dates pour lesquelles je me réjouissais le plus depuis la préparation même de notre grand Tour de France des festivals de jazz, et ce fut de loin le plus beau concert. Pendant un mois nous avons assisté à des concerts presque chaque soir, mais jamais les musiciens ne s’étaient autant donnés sur scène. Grégoire Gensse (piano) et Élodie Pasquier (clarinettes) ont mis du coeur à l’ouvrage. Au premier abord, la paire lyonnaise ne paie pas de mine. Pas de « nom », d’identité américaine ou d’allure spectaculaire. Tout ce qu’il y a de plus normal peut-on se dire. Que ceux bercés par cette illusion candide prennent la peine de les écouter en concert, leurs oreilles se retourneront en moins d’une minute. ll y a des musiques qui annihilent le jugement : les meilleures. Quand l’émotion vous prend la gorge et tue la pensée analytique. C’est l’extase, celle que se partagent et attendent tous les mélomanes. Au Musée Lalique de Wingen-sur-Moder nous avons été servis. Avec Ortie Duo, Grégoire Gensse et Élodie Pasquier ont trouvé l’équilibre parfait. Entre envolées lyriques et dissonances sporadiques, entre solos longs et furieux du pianiste et retours au calme. Mais quel est le lien dans tout cela ? L’amour. C’est ainsi que Grégoire Gensse a présenté la quasi-totalité des morceaux joués lundi, des morceaux d’amour intenses. Et nous avons pleuré. Leur album passait en boucle sur mon tourne-disque depuis presque un an - voir la chronique -, les rencontrer avant de les écouter en live fut plus qu’une confirmation. Grégoire Gensse et Élodie Pasquier ont de la fraicheur et ne disent pas non à un peu (beaucoup) de déconnade. On se souviendra d’eux comme du point d’orgue de notre périple d’un mois, comme d’une rencontre qui annonce une suite riche et passionnante. Merci. Un Tapage s’impose. Le nôtre et l’autre, le médiatique, celui qui fatigue mais réussit immanquablement. Il faut parler d’eux.

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Le lendemain, mardi, Roy Hargrove était aux commandes. Enfin… Le trompettiste américain n’était là qu’en demi-teinte, éteint par une maladie terrassante. Un soufflant amoindri masque difficilement son mal-être. Surtout quand il s’agit de l’étincelant Roy Hargrove. Nous ne sommes restés que deux jours à la Petite Pierre, mais ce concours de circonstances n’ôtera pas le souvenir ultra-positif que nous garderons du festival alsacien. La promenade guidée de Georges et l’accueil fantastique des fondateurs et de leur équipe aura achevé de nous convaincre : Au Grès du Jazz distribue les pépites à la régalade.

Florent Servia

P.S : Ne manquez pas sous un aucun prétexte les concerts de ce soir et demain :

Vendredi 15 août : 17h Renaud Garcia Fons (contrebasse solo) / 21h The Cookers 

Samedi 16 août : 17h Michel Portal et Vincent Peirani / 21h Avishai Cohen trio

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