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Jean-Philippe ScaliLow Down (Gaya)

« Il y a des musiciens qui sont graves. » La phrase d’ouverture dans le livret de Low Down, dernier disque de Jean-Philippe Scali, annonce la couleur, ou plutôt le ton d’un travail qui place l’emphase sur les bas registres, domaine de prédilection du saxophoniste. Celui-ci s’arme donc d’un baryton et d’une clarinette basse pour mettre en lumière les outils de fondation des grands orchestres.

Ces grandes formation, Scali les connaît bien, revendiquant sa place dans les rangs de l’Amazing Keystone Big Band, du Gil Evans Paris Workshop et dans l’Attica Blues Big Band d’Archie Shepp.

Pour son exploration des abysses du spectre sonore dans le jazz, Scali s’accompagne d’une rythmique comptant Frédéric Nardin au piano, Fender Rhodes et Hammond B3, Samuel Hubert à la basse et Donald Kontomanou à la batterie. À ses côtés, il invite comme compagnon soliste le tromboniste Glenn Ferris, vétéran Californien de la scène jazz ayant connu ses débuts avec Don Ellis et aujourd’hui installé à Paris.

Dans cette dimension du dessous, du grave, Scali fait preuve d’une versatilité dans l’écriture qui va exploiter différents styles et ambiances. On passe alors du blues lent de « Low Down, » reposant sur un sens du groove qui ravira les friands du soul jazz de l’âge d’or de Blue Note, comme le « Le Chat du 10 S’en Est Allé, » à des sonorités plus modernes sur « Korean Folk Song » ou « Sisyphe. »

Ferris introduit sa composition « Purge » avec une grâce sombre, débouchant sur une phrase reprise en canon par ses compères. La forme rappelle le canon que Charles Mingus enregistrait en 1973, et l’improvisation entremêlée de Scali et Ferris qui suit fait encore écho aux enregistrements du bassiste légendaire avec leurs envolées criantes de Jimmy Knepper et Pepper Adams. Scali dédie même son disque à ce dernier, parmi d’autres pionniers du baryton jazz comme Gerry Mulligan ou Harry Carney.

La présence d’un spectre mingusien flottant sur le projet se confirme à la clôture du disque, avec une douce interprétation de la composition emblématique dédiée à Lester Young « Goodbye Pork Pie Hat. »


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