FABRICE MARTINEZ Chut !, Rebirth (ONJ Records)

Il suffit de lire les commentaires de la presse spécialisée pour prendre la mesure de l’envergure artistique des membres du quartet et de réaliser qu’elle se garde bien de porter un jugement artistique sur leur deuxième album (le troisième si on compte l’album live). Comment alors expliquer que cette musique fasse naître ce sentiment mitigé alors que Fabrice Martinez semble avoir réfléchi longuement à l’esthétique recherchée avant d’entrer en studio?

Le quartet CHUT! est sous la houlette de l’actuel trompettiste de l’ONJ, le duo rythmique formé d’Eric Echampard et de Bruno Chevillon auquel s’adjoint le pianiste Fred Escoffier, l’ami de toujours du leader. Après le départ du bassiste Fred Pallem, l’album Rebirth présente la nouvelle donne du quartet et signe la renaissance qui donne son titre au disque. Le disque s’inscrit dans les pas du Miles de l’époque électrique («Bitches Brew», «Decoy») mais avec un son plus électro, tout en collant au son Motown des années 70 (appel aux effets fuzz vintage de la trompette, basse électrique lourde, grooves implacables).

Sans doute, le sentiment mitigé naît-il d’une écriture trop claire et lisible, moins simple qu’il n’y parait à la première écoute et plutôt versée dans le monde pop que jazz. On relèvera «Prune», la dernière plage, commençant par un duo trompette solaire et piano acoustique, où la batterie qui intervient en second lieu est plus souple, où il y a plus de respiration malgré des zébrures électroniques. On retiendra aussi « Trans », une longue suite façon Tony Allen et «Derrière la colline», une compositiond’Escoffier. Pour porter un jugement définitif sur la qualité de cette musique, peut-être serait-il nécessaire de se laisser emporter par l’expressivité des musiciens en concert ?

 

 

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