Thrill-Box_Vincent-Peirani,images_big,13,ACT95422

Instrument rare dans musique de niche. Les accordéonistes ne font pas légion dans le jazz. Vincent Peirani, lui, est partout. Leader sur Thrill Box, sorti il y a quelques mois, l'accordéoniste fait figure de co-leader sur Tanguillo - album réalisé avec le violoncelliste François Salques et paru chez Zigzag Territoire/Outhere music -, et de sideman dans Lento, le dernier album de Youn Sun Nah paru en début d'année. Une prolixité nullement étonnante tant son talent est éclatant.

De la douceur se décline au fil des morceaux de Thrill Box. L'album semble raconter une histoire belle et apaisante, une de ces histoires durant lesquelles on ferme les yeux pour mieux en apprécier toute la beauté. À juste titre, « Hypnotic » déploie une rengaine captivante ; autrement saisissantes, les chansons de folk américaine, « Goodnight Irene » et « Sheandoah », évoquent des thèmes amoureux dont la tristesse ranimerait la propension à la nostalgie de n'importe quelle brute épaisse. Finesse et sobriété sont les maitres mots des interprétations pondérées de musiciens qui, pris dans leur individualité, parsèment l'album de leur jeu aussi précieux qu'éthéré. Le pianiste allemand Michael Wollny, dont la présence varie selon les morceaux, est magistral ; à la contrebasse lui, Michel Benita joue le rôle du pilier infaillible, toujours là pour mettre en valeur le jeu de Vincent Peirani. De cette collaboration rien ne dépasse, car tout y est parfaitement juste et mesuré.

Florent Servia 

Comment