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Une irrépressible envie de bouger, des mélodies précises, puissantes… Du groove ! Pour cet album paru chez Blue Note, Terence Blanchard et son nouveau quintet, The E-Collective, se sont plongés dans l'héritage des meilleurs grooves black U.S. : Herbie Hancock, Jimi Hendrix, Prince, Funkadelic, D'Angelo, Russel Gunn. Un enseignement, tant, sur « See Me As I Am », il semble nous être confiée la manière la plus sûre de se laisser aller : s'abandonner à la lenteur titubante du rythme, aux envolées de trompette, aux bends ailés mais mesurés de guitare. L'essentiel est là.

Quand le rap prend part au jeu, le ton feutré rappelle qu'un flow posé est toujours efficace (« Breathless », « Samadhi »). On s'assurera même d'une chose : le jazz sublime toujours le hip hop et inversement. Pourtant, nos compères ne sont pas en manque d'énergie brute. Loin de là. Si rock musclé et solos-wings ahurissants composent le furieux « Cosmic Warrior », la virtuosité paraît au grand jour sur « Tom & Jerry » : une course effrénée entre Charles Altura (guitare) et Fabian  Almazan (piano) qui jouent au chat et à la souris, sur fond de batterie expéditive. Le morceau s'achève hélas assez vite. Que voulez vous, un sprint ne se gagne pas par l'endurance !

Aussi sensuel qu'un Marvin Gaye de fond à nos heures de plaisirs égarés, la langoureuse soul de « I Ain't Got Nothin But Time » nous remémore ces émotions perçues lors de l'écoute des premiers Lenny Kravitz (j'ai bien dit les premiers!).

Une conclusion somme toute logique s’impose alors : avec Breathless, le trompettiste confirme l’étendue de sa science avec des compositions qui oscillent entre jazz, fusion, funk, soul et hip-hop, mais sous une plume toujours sage.

Alexandre Lemaire