silk-rhodes copy Silk Rhodes, Stones Throw records, 2014 

La prestigieuse famille de Stones Throw s'agrandit avec l'arrivée en son sein d'un talentueux duo tout droit venu de Baltimore: Silk Rhodes.

Sorti le 2 décembre dernier, c'est avec la mise en ligne de « Pains » - leur tout premier titre, figurant à l'origine sur un 45 tours – que le groupe commence à se faire connaître auprès du public. Leur entrée chez Stones Throw s'est en outre faite de la manière la plus noble et la plus classe qui soit, puisque ce n'est autre que Peanut Butter Wolf en personne, le fondateur du label, qui repère et lance pour de bon le groupe Silk Rhodes. Aux manettes de ce premier album éponyme, le producteur Michael Collins et Sasha Desree au chant, dont la voix célèbre à sa (somptueuse) manière la passion aussi ardente qu'évidente que vouent les deux artistes à la soul et au funk. On note d'ailleurs l'allusion faite dans le nom du groupe au légendaire piano Rhodes, instrument roi de la musique “early 70's”.

« Wow... This is crazy! » Les premiers mots de l'introduction ne sauraient mieux décrire l'impression que l'on peut avoir à la première, deuxième, voire même dixième écoute de cet album. Claviers façon Stevie Wonder et lignes de basse funky ouvrent le bal, le temps d'une courte minute et demie... Et c'est alors que surgit « Pains », single de l'album et en soit, véritable hymne à l'amour de la soul music, tant bien sublimé par une rythmique planante que par la voix suave de Desree. Ce premier virage de style n'est qu'un prélude à ce qu'est Silk Rhodes de A à Z : un constant slalom entre les influences qui parvient à garder une remarquable cohésion.

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Si cet album est indéniablement à dominante soul, on y voit toutefois le funk flirter avec le disco, comme le démontre l'endiablé « Face 2 Face », un titre chatoyant et festif porté par une superbe ligne de basse et des riffs de guitare pétillants. Certains morceaux vont même jusqu'à avoir de francs accents r'n'b, comme « Real Time » ou « Hold Me Down », combos gagnants d'harmonies de voix langoureuses et d'une instrumentation relativement pondérée mais pourtant bien présente. Décidément, rien ou presque ne fait peur à Collins et Desree, qui osent même inclure à la onzième place de leur tracklisting un titre totalement fou,  « Personal Use », qui s'impose comme un ovni électro au coeur de l'album, mais qui finit pourtant sa course en basculant à nouveau vers la soul en son dernier quart.

D'une grande justesse, la composition accorde à chaque instrument sa légitime importance, laissant toutefois à la voix toute la place qu'elle mérite. L'album s'achève par « The System », une conclusion à la fois soul et groovy qui adresse comme un dernier clin d'oeil à ce qu'on pourrait appeller les ingrédients de la potion magique Silk Rhodes : lignes de basse funky, rythmique langoureuse, voix veloutée et classieuse omniprésence du piano Rhodes.

Jongler avec les styles et les influences ne semble absolument pas effrayer Silk Rhodes, qui nous en délivre une preuve convaincante avec ce premier album. Douze morceaux dont l'enchaînement comme la nature sont tout sauf ce qu'on pourrait appeler du convenu. C'est original. Ça surprend. Et on en redemande.

Suzie Gaignon

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