PSQ_LeftTokyoRight_v6.indd Entre tradition et modernité, le Japon est devenu, au fil des années, un véritable modèle d'inspiration pour les musiciens. Si beaucoup de jazzmen se sont attelés à perpétuer le concept du « East Meets West », peu d'entre eux peuvent se targuer de combiner ces influences avec autant de subtilité et de raffinement que Pascal Schumacher. A la tête d'un quartet déjà bien rodé, le vibraphoniste nous revient aujourd'hui, en solo, avec un album plus personnel que jamais, dévoilant un monde où l'écriture et l'esthétique sont gages d'une émotion constante. Conçu sur la base du « wabi-sabi » - éthique spirituelle visant à développer la plénitude et la modestie que l'on peut éprouver face aux phénomènes naturels et à l’impermanence des choses -, Left Tokyo Right nous fait prendre un vol enluminé et sans escale. Direction : la capitale du pays du Soleil-Levant.

"« Right » est le quartier Asakusa de Toky, celui des temples, des femmes en kimono, des joueurs de taiko, le « vieux » Japon traditionnel. « Left », ce sont les quartiers Akihabara et Shibuya de Tokyo, ceux des néons, du J-pop, le « nouveau » Japon super-moderne et tape-à-l'oeil. J'aime ces deux facettes culturelles fortes."

- Pascal Schumacher

Afin d'exprimer pleinement sa vision unique de la ville, Pascal Schumacher y a composé la quasi totalité des pistes de l'album. Accompagné de son ancien quartet (Franz Von Chossy au piano, Jens Düppe à la batterie, Pol Belardi à la guitare basse), il s'est également attiré les faveurs de plusieurs autres artistes animés du même esprit. Tous sont désireux de s'approprier un Orientalisme où l'harmonie et le désordre se confrontent dans une douce fuite du temps. L'idée de fugacité, si chère aux Japonais, est ainsi fidèlement traduite au travers le prisme délicieusement minimaliste de ces instrumentistes à la plume si percutante. Alors que les notes jouées par la harpiste Aliénor Mancep dans l'intro de « Sakura-san » sont telles une idyllique pluie de fleurs de cerisiers, la flûte magique de Malik nous rappelle étrangement le Sinobue, ce traditionnel instrument à vent de bambou. Le trompettiste Verneri Pohjola et le saxophoniste Sylvain Rifflet dépeignent, quant à eux, la grandeur d'un paysage où spiritualité et passion ne font qu'un. Les réverbérations du vibraphone de Schumacher parviennent enfin à véritablement exalter l'âme du Japon. Le son s'éloigne puit disparaît. Telle est la beauté de « wabi-sabi ».

Sortie le 23 mars 2015 (Laborie Jazz Records)

Alexandre Lemaire

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