603599_588922491138276_312441389_n Sorti le 3 septembre, le premier album du duo atteste des bonnes intuitions du label Laborie Jazz. Pour tout dire, on s'y abandonne aisément, presque inconsciemment. C'est l'un de ces disques auxquels on consacre volontiers une écoute pleine et entière, au risque de reporter toute autre activité. Il y en a pour 48 minutes et 23 secondes. Mettez-vous à l'aise.

L'histoire commence avec une rapide introduction, « presque rien », nous diraient les musiciens. Le fil narratif se déroule. On continue avec « Gatito ». Mélancolique d'abord, puis graduellement exalté, et finalement remuant. Les élans pianistiques de Grégoire Gensse annoncent d'ores et déjà la variation comme motif de l'album. L'histoire que le duo nous raconte est truffée de multiples péripéties, heureuses surprises qu'ils amènent toujours à propos. Dans « Nebula », comme dans « Gatito », on retrouve ce goût pour le crescendo. Définitivement plus rythmé, avec un côté réjouissant, « Nebula » cultive l'art du contrepoint ; alors que dans « Météore », clarinette et piano vont de pair. La première - qui s'adapte si bien au blues - redouble dans ses apparitions sporadiques la complainte du dernier. Peu commune, la formation piano/clarinette d'orTie n'affiche pourtant aucun manque ou vide à combler. Autosuffisants, les deux musiciens multiplient l'exploration des approches qui leur sont possibles. Sur « c'est rien, c'est la fatigue », Grégoire Gensse incarne, de bout en bout, le métronome fatigué d'Élodie Pasquier ; quand « Parashara », plus sinueux et sans réel thème, semble se développer au travers d'une longue improvisation, faite d'une succession de dérives. D'une vitalité pétillante, la musique d'orTie accapare l'attention avec cet album dense, et intense, où l'ennui n'a pas lieu d'être. OrTie - ou l'arrivée dans les bacs d'un disque qui en piquera plus d'uns.

 Florent Servia

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