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Michael Valeanu l'a bien compris, le jazz est une cuisine compliquée. Aussi gaulois que Paul Bocuse, le guitariste présente dans son nouvel album les ingrédients d'un plat réussi : un outillage de qualité, des partenaires dévoués, une bonne dose d'humour. Vous vous en doutez, Hard To Cook est, à l'instar de son prédécesseur (Tea Time, paru en 2012), un véritable jeu de goûts et de couleurs.

Une pochette équivoque, un menu explicite (« Floating Islands », « Norwegian Omelette »)... L'album recèle en lui quelques saveurs attrayantes. Votre estomac se creuse ? Attendez la suite. Le disque s'ouvre sur 40 secondes de picking acoustique, sorte d'invitation piratique au voyage, avant de nous faire prendre la mer sur « Floating Island ». Dans un air de doucette tristesse, Michael Valeanu lève l'ancre, puis est rejoint au milieu du morceau par l'orgue Hammond de Jake Sherman. Dès lors, nous dérivons sur la terre d'un jazz apaisé, avant de voir s'enchainer le titre éponyme « Hard To Cook ». Là, c'est une véritable leçon de cuisine qui nous est donnée : du groove, de la légèreté, un enchainement de soli en parfaite cohésion (notamment celui du batteur Jake Goldbas qui, pour le coup, paraît véritablement nous concocter un mets délicieux).

Sautons le dessert (une « Norwegian Omelette » imbibée d'improvisations renversantes), car l'heure de la remise à flot sonne enfin, et il convient de ne pas vous sucrer la surprise de nos différentes escales. Nous embarquons à bord Cyrille Aimée. Si, sur « How Deep Is The Ocean », nous ne succombons pas directement à son chant de sirène, c'est pour, ensuite, mieux fondre sous son scat virtuose (Ulysse lui-même n'en aurait pas retrouvé son Ithaque natale !).

Notre périple touche à sa fin... A l'horizon se profile le port de Palermo en Italie (« Seaport of Palermo »). Dans une accalmie retrouvée, le picking du début nous revient, cette fois avec plus de sagesse. Le glas de notre voyage initiatique sur le pourtour de la gastronomie retentit. Preuve vient d'être donnée que le jazz n'a d'autres recettes que la passion.

Alexandre Lemaire

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