Couverture-Le-Laboratoire

Dans sa chemise à fleur, le leader, compositeur et saxophoniste du groupe Jonas Muel, introduit sur scène les morceaux, le sourire aux lèvres… « La légende du serpent à lunettes », « Histoires de ruisseaux mélancoliques sur fond blanc », « Vérrue génitale »… Les titres font rire la salle qui ne peut que tomber sous le charme de l’univers atypique de Light Blazer. Cet été le groupe était en tournée pour présenter leur album « Laboratoire », qui vient juste de sortir officiellement. Dans celui-ci les huit musiciens utilisent tous les recoins possibles et inimaginables de l’espace de jeu musical, en termes de styles, de dynamiques et d’harmonies. Si c'est dans le tiroir jazz qu'on les range, c'est bien du hard rock qu'on entend "sur verue genitale" ! Et le flow ultra smooth du rappeur Edash sur « Brass Knuckows », « Stick Up » et « Kick Back » nous rappellent l’esprit hip hop de Tribe Called Quest. Les riffs de la section cuivre et les doigts enflammés du bassiste Guillaume Marin, nous renvoient à la Funk. Alors que sur « Renversé », on renoue avec un jazz contemporain plus traditionnel, avec des envolées lyriques au ténor. Et puis il y a les passages free, dont les musiciens se servent pour créer la surprise et nous faire part de leurs cotés obscurs... Dans un même morceau on peut passer d’un style à l’autre, avec différents tempos, différents types de groove, mais les transitions sont toujours habilement maniées et enveloppées dans de belles harmonies. Un exercice difficile, et réussi avec talent ici par le compositeur Jonas Muel, qui a également su s’entourer de musiciens exceptionnelTs. Très complices sur scène, ils s’adaptent à tous les styles avec joie et habileté. La présence du talentueux Stephan Carraci au vibraphone ouvre des horizons intéressants : véritable créateur d’ambiances avec ses nappes tout en nuance, il enrichit  le jeu harmonique du groupe. Parfois, il joue le rôle de la basse ou s’allie à la guitare ou au saxophone pour doubler les voix. En tant que soliste, il excelle : notamment sur « la légende du serpent à lunettes ». Instrument de prédilection du jazz des années 50 (avec par exemple Teddy Charles dans le Miles Davis Quintet, ou Milt Jackson dans The Modern Jazz Quartet), Light Blazer a su pour notre plus grand plaisir intégrer le vibraphone à son répertoire. Autre surprise : Edash le rappeur, présents sur plusieurs titres. Son flow old school et ses paroles bien pensées pimentent l’alchimie Light Blazer. Au final, un groupe d’une créativité hybride rare qui a su se forger sa propre personnalité. A ne pas manquer !

Tiphaine Guerout

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