Déconstruire afin de reconstruire reste beaucoup moins évident que ce qu'on pourrait penser. La faute à qui ? A soi, mais loin de moi l'idée de vous soustraire à vous-même. Dans Unknown Known, "les choses se figent et se défigent" plus vite que la musique elle-même, jusqu'à échapper à la volonté même de ses acteurs. Joshua Abrams profite de l'ambiance prolifique de Chicago pour surfer sur les eaux troublées du free. Il faut croire que le jazz en 2013 se veut aquatique, mais un quartet aussi bien dirigé ne peut difficilement couler. David Boykin au saxophone ténor et Jason Adasiewicz tendent à êtres les voix principales de cette croisière, surtout Adasiewicz, dont le vibraphone reste un fil conducteur pas si évident, du moins mémorable. Frank Rosaly aux percussions est malheureusement sous-utilisé et Joshua Abrams s'efface peut-être un peu trop facilement. Tout cela encourage une atmosphère d'humilité et de discrétion -parfois agaçante- qui gouverne l'album. Si Unknown Known tente de s'affranchir des règles qu'il a contribué a créer, ce n'est certainement pas pour repousser des limites techniques, artistiques et spirituelles imaginaires, mais pour annoncer, -non- crier : la règle est un jeu, un pari. Eh bien Joshua Abrams, vous avez gagné.

Olivier Touchent

 

unknown known - joshua abrams

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