gerard marais copy

Le guitariste Gérard Marais, homme au passé fouillé, collaborateur ponctuel d’une certaine génération du jazz français -Romano, Bex, Sclavis, Texier, Levallet, Corneloup, Courtois, Garcia-Fons…- ressort de l’ombre avec un album entièrement composé par ses soins. Un constat somme toute anodin avant d’avoir découvert l’harmonie qui règne entre les compositions d’Inner Village.

La patte de Marais est reconnaissable, elle respire la tranquillité. Sans être renversant, Inner Village est un album à l’univers léché qui invoque la question du goût plus que d’autres. Sûrement par sa capacité à séduire l’auditeur sans tremblement de terre ni révolution. Réduisant par là même le jugement à l’adhésion ou non à son esthétique. Il m’a plu. Par son lyrisme et son enrobage mélodieux. Ça et là, de beaux solos de Gérard Marais ou du pianiste Jérémie Ternoy viennent casser une tendance à la monotonie en apportant du jus et une virtuosité déployée avec mesure. Leurs prouesses successives donnent le relief qui vous fait lever l’oreille soudainement quand vos pensées, elles, vagabondaient déjà. Réunie, la paire guitare/piano fonctionne aussi. Dans “Latin Breakfast” par exemple, le piano se greffe comme une ponctuation à l’ostinato du guitariste dans sa lancée. Plus rythmé, “Katchinas” instaure une impulsion salvatrice avec un jeu sous tension qui boucle l’album sur un solo de batterie. Entre force tranquille et fougue ponctuelle, Inner Village avance sur de jolies chemins.

Florent Servia

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