Florian Pellissier quintet - Biches Bleues - Heavenly Sweetness records

Florian Pellissier ou "le secret le mieux gardé du jazz français", titre la promotion du nouvel album de son quintette. Méconnues, les Biches Bleues du pianiste ne sidèreront pas l'oeil avisé. Bienvenue dans les fifties, dans un hard bop aux couleurs proches du label historique Blue Note. Tout y est. La formation en quintette piano/contrebasse/batterie/trompette/saxophone, les orientations harmoniques et la couleur de la pochette.

Non, Florian Pellissier ne cherche pas à innover. Qu'on ne lui en tienne pas rigueur. Le pianiste marqué par ses années à New-York a décidément le bon goût de son côté. En témoignent les deux uniques reprises présentes sur le disque : la très belle " Valse pour Hélène" de Jef Gilson et l'admirable "Dance Cadaverous" de Wayne Shorter. L'écriture de Biches Bleues est homogène et teintée d'interventions au piano qui relèvent de l'illustration. Florian Pellissier est économe, plus dans l'accompagnement savant que dans l'épanchement du leader virtuose. Yoni Zelnik (contrebasse) et David Georgelet (batterie) lui emboitent le pas avec efficacité. Tandis que Yoann Loustalot (trompette & bugle) et Christophe Panzani (sax) revêtent eux admirablement leur rôle de solistes, celui des soufflants tributaires de l'ampleur finale donnée au son du groupe.

Alors que Le Diable et son train se laissait aller à de multiples directions, Biches Bleues fait preuve d'une esthétique plus définie, toujours marquée par de justes choix. Ceux d'un pianiste qui sans faire de bruit, poursuit une oeuvre encore maigre mais bien charpentée. Biches Bleues, c'est du coton pour les oreilles.

Florent Servia