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En 1995, Dmitry Baevsky arrivait à New York. Fraîchement sorti du conservatoire Moussorgski de Saint-Pétersbourg, il est accueilli à la New School et y rencontre Jimmy Cobb, Cedar Walton, et d’autres illustres noms du hard bop, qui l’influenceront et avec qui il jouera beaucoup. Cette année, il sort son 5ème disque, Over and Out, nourri et inspiré de 20 ans de jazz New Yorkais.

Avec Over and Out, Dmitry Baevsky mène à bien un projet qu’il avait d’abord considéré avec un peu d’appréhension: le trio. Flanqué de David Wong à la basse et de Joe Strasser à la batterie, Baevsky met ses talents de soliste et de chef de groupe à l’épreuve. Car le trio n’est pas un exercice facile: pour le musicien, c’est une mise à nu, un exercice d’écoute, afin de donner vie à un morceau par 3 simples filons instrumentaux.

Pour ce qui est du trio, c’est un succès. Le sax de Baevsky donne de l’ampleur au son du groupe, le soude par sa robustesse et sa justesse rythmique. Synchronisés, les musiciens se laissent respirer et donnent aux morceaux une structure solide qui ne flanche à aucun moment. Au mixage, pourtant, cette cohésion est décousue et déséquilibrée par un panning bizarre qui met le saxophone du Russe à l’extrême gauche. Humour ou erreur?

Over and Out, c’est une heure et dix minutes de douce frénésie. La chaleur et la rondeur du son de Baevsky nous entraine, avec ses inflexions mystérieuses, dans une course musicale. On retrouve de grands titres, comme « Ponciana », « Feeling of Jazz », que Baevsky explore et réinvente.

Cependant, ce sont les titres plus personnels qui sont les plus entraînants. « Turquoise » de feu Cedar Walton, « Tonight I Shall Sleep (With a Smile on My Face) », et « Silver Screen » (hommage à Horace Silver) ont une poésie que le reste de l’album n’a pas. Sur « Stranger in Paradise», on ressent quelque chose de nocturne, une ivresse légère et sournoise semblable à celle que l’on ressent quand on se perd dans le West Village à la recherche du métro, sans vraiment espérer le trouver. C’est le jeune Dmitry qui était un « étranger au paradis », à 19 ans, dans les rues de New York.

Paul Le Gloan

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