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Le nouveau quintet de Didier Levallet, à la contrebasse, démontre que l’on peut obtenir un alliage de timbres tout à fait achevé avec une formation originale : contrebasse, batterie, saxophone, trompette et flute. Une certaine tranquillité, voilà ce qui premièrement pourrait se dégager. La musique n’est pas particulièrement lente et dans chaque morceau il y a des moments de véritables agitations. Si elle est tranquille c’est plutôt par la manière dont les choses suivent leur cours.  L’album s’ouvre sur le morceau « Antigone’s choice ». Après une introduction, la contrebasse lance un ostinato affirmé. On se sent immédiatement bercé et particulièrement bien en la présence du timbre chaleureux. La trompette, le saxophone et la flute s’ajoutent et construisent en avançant parallèlement des lignes sinueuses. Ils déploient un riche matériau mélodique que l’on retrouve dans tout l’album. Les improvisations prennent place au sein d’arrangements d’une grande précision. C’est sûrement cette impression que donne les musiciens de toujours savoir où ils vont qui contribue à donner à la musique ce caractère apaisé.

Dans « Candide », la basse lance aussi un ostinato terriblement groovant. Tous les musiciens semblent alors avancer de concert pendant que la flute livre ses facéties, s’écarte de la ligne principale pour y revenir finalement, sans se presser. Oui, cet album est une grande réussite. Les musiciens sont parvenus à nous offrir cette musique tout à la fois détendue mais aussi emprunte de ce que l’on pourrait appeler le style, cette manière de ne pas être trop sage dans ce que l’on fait mais de toujours le faire bien.

Thomas Cavalan