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Spiritual Project amorce un virement dans la carrière du guitariste David Reinhardt. En proie à un profond besoin de spiritualité, le petit-fils de Django et fils de Babik signe ici un excellent 4ème album, libérateur. Ancré dans les traditions gipsy sur le plan musical, le disque donne dans un lyrisme quasi religieux, empreint d'une maturité mystique. Cheminant dans la lignée des chants gospel si chers à son paternel (« There is a Quiet Place », originalement écrit par Ralph Carmichael, « Oh Happy Day » repris avec la Chorale gospel d'Ile-de-France), David confie de ses phrasés aériens, une volonté d’asséner des réponses simples aux questions de la vie.

Retraite spirituelle ? Quand Trane jouait du free pour s'approcher de Dieu, on parlait de renaissance. Pour David, ce virage radical résonne comme un éveil. Une sérénité retrouvée, après des années passées à s'illustrer en sideman de grands musiciens comme James Carter. S'il réunit ici des instrumentistes proches de la communauté rom, gitane et manouche, il a bien pris garde de ne faire se côtoyer que des virtuoses aux parcours éminemment différents. Le quartet laisse ainsi suggérer, de par sa composition, un subtil brassage d'influences jazz, indiennes et flamenco. Mais le gros de l'album n'est pas là. Sans éluder l'héritage « solistique » laissé par la famille Reinhardt, David Reinhardt propose une musique inspirée gipsy, certes, mais loin de la folle frénésie du jazz manouche. Il lui préfère un enrobage éthéré jusque dans ses moindres notes, un finissage esthétique sans lequel toute volonté de spiritualité serait sans valeur.

Alors, beaucoup de binaire, il est vrai. Mais que d'apaisement ! La guitare acoustique d'Antonio El Titi, dont on a déjà pu entendre les sonorités latines aux côtés du grand Louis Winsberg, s'attelle à dialoguer avec notre frontman sous l'incroyable technique de basse de Dominique Di Piazza (qui, rappelons-le, officia des années durant avec John McLaughlin). Alchimie fantastique, soutenue par un jeu de percussions simple, délicat, élégant... Une indescriptible langueur d'empare de nous dès lors que s'embrase l'accordéon d'Emy Dragoï et le violon de Costel Nitescu. Le résultat est surprenant, bien au-delà de nos attentes.

Alexandre Lemaire

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