D'Angelo_-_Black_Messiah_Album_Cover Que les fans de néo soul se rassurent : D'Angelo est de retour, avec un troisième album sans triche et sans tâches. C'est au mois de décembre dernier qu'est sorti Black Messiah, crédité sous le nom de D'Angelo and the Vanguards, sous le label RCA Records. Un album pour le moins inattendu, qui sonne la fin de quatorze années d'absence de la scène musicale.

Black Messiah a sans nul doute été la plus grosse surprise de ce mois de décembre. Pas une fuite, pas un mot autour de ce come back puissant de la part d'un tel artiste, dont le dernier album (Voodoo, sorti en 2000) n'était pas passé inaperçu. Ce dernier lui avait en effet valu le Grammy de meilleur album r'n'b de l'année et de meilleure performance vocale masculine.

Qu'elles qu'en soient les raisons, cette absence prolongée n'a pourtant en rien enlevé ses qualités maîtresses à ce virtuose de la néo soul. Les douze titres de Black Messiah en sont la parfaite démonstration. À travers ce troisième opus, D'Angelo parvient à mêler habilement les styles que sont le jazz, le r'n'b et le rock et à en livrer un mix concluant. Si l'on continue de retrouver dans Black Messiah les vibes r'n'b et le timbre si chaleureux et propre à D'Angelo, la voix est pourtant au cœur d'un bon nombre d'expériences de styles et de modulations. Scat jazzy (« Sugah Daddy »), sensualité rythm and blues (« Really Love », « Back To The Future (Part I & II) » ou encore effets de reverb' sans modération (« 1000 Deaths ») interviennent ça et là, comme autant de touches d'originalité au cœur d'un album pourtant bluffant de cohérence.

 

https://www.youtube.com/watch?v=vo3RAH0zLlU

 

Mais s'il est bien un élément immanquable de Black Messiah, c'est cette voix ou plutôt devrions nos dire ces voix, doublées, multiples, puissantes. Qu'elles soient opérées par des choristes ou par de simples ajouts de passages parlés, il en découle une idée solide et palpable : celle d'avoir un message à faire passer et la volonté de se faire entendre. Un choix artistique subtil et qui fait écho à ce(ux) à quoi et à qui D'Angelo souhaite rendre hommage à travers Black Messiah : aux combattants ordinaires , aux révoltés, à ceux qui revendiquent le droit d'être leurs propres « messies », à la liberté d'expression.

 

https://www.youtube.com/watch?v=lZoxdPGu_4E

 

La force et la puissance de ce message sont en outre relayés par la très grande variété d'instruments présents dans l'album, et qui sont autant de passerelles entre les styles que sont le rock, le jazz et le r'n'b. Mention toute spéciale à la basse, quasi omniprésente, responsable de la quasi totalité de la trame rythmique et mélodique des morceaux. Beaucoup de choix très audacieux sont notoires dans la manière hors norme qu'a D'Angelo d'agencer les structures des titres. Par moments cependant, l'originalité semble s'imposer au détriment de la simplicité et de la clarté. Cette impression est parfois flagrante au premier abord, à l'instar « 1000 Deaths » qui, en dehors de sa créativité indéniable, interpelle voire égare parfois son auditeur par le presque trop plein d'éléments qui le composent. Mais une fois passée la confusion des première écoutes l'album, on ne retient alors plus de ces curiosités qu'un nécessaire apport à la démarche artistique de D'Angelo, dont les qualités foisonnante et déroutante sont un ressenti logique voire même désiré.

Audace, indépendance et créativité sont autant de mots qui conviennent pour qualifier Black Messiah. D'Angelo s'affranchit de toute convention à travers cet album à nul autre pareil, à travers lequel il (ré)affirme ce talent indéniable pour la composition et l'interprétation qu'on lui connaissait déjà... et que nous ne sommes désormais pas prêts d'oublier.

 

Suzie Gaignon

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