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Black Fire! New Spirits! - Soul Jazz Books

Des images de cette révolution que déclencha le peuple Afro Américain dans les années 60 vous en avez vu défiler par dizaines. De celles d’un peuple en marche et d’une musique en ébullition.

Black Fire! New Spirits! revient sur cette période d’incandescence dans le jazz avec un passage en revue de ses acteurs majeurs. Une série de portraits photographiques qui nous martèle un élément fondamental (et semble-t-il oublié) : la classe des jazzmen.

De cette musique se sont fondés des mythes, des histoires, des anecdotes qui donnent à ses multiples couches l’épaisseur d’un monde. Plus que de la musique, le jazz est un univers qui happe le malheureux qui s’en approche. Pensez creuser quelque peu, vous n’en sortirez plus.

Et tant mieux si les documents s’entassent. Comme toute Histoire digne de l’être, celle du jazz rassemble une infinité de sources écrites ou imagées. Au-delà des livres ou des films, la photographie en a été l’oeil le plus fidèle. Épris de l’histoire du jazz dans ses moindres détails, les passionnés n’en finissent pas de se nourrir de ces témoignages d’une époque d’esthètes.

 

Avec Black Fire! New Spirits!  Stuart Baker et les éditions Soul Jazz nous redonnent justement l’occasion de ré-examiner le portrait des jazzmen incontournables de 1960 à 1975. Je parle de Pharoah Sanders, Roland Kirk, Sun Ra, Archie Shepp, Don Cherry, Miles Davis, McCoy Tyner, Hubert Laws, Leroy Jenkins, Charles Lloyd, Stanley Clark, Horace Silver, Cannonball Adderley, Ahmad Jamal, Joseph Jarman, Charlie Mingus, Alice Coltrane, John Coltrane, Yusef Lateef, Mary Lou Williams, Randy Weston, Ron Carter, Leon Thomas… Je m’arrête ?

De ce grand amalgame de noms découlent des photos de jazzmen en costard, en pattes d’eph ou avec des coiffes et tenues africaines. De belles photos que la charte graphique très colorée et élégante du livre rend encore plus agréable. Et pour être sûr que personne ne s’y perde, de courtes notices biographiques apportent le plus strict - mais efficace - minimum, quand la préface de Stuart Baker, elle, redonne le cadre de l’époque au lecteur. Faites de la place dans le rayon jazz de votre bibliothèque, amis anglophiles !

PS : et parce que sans musique ce serait dommage, le label Soul Jazz se fend d’une belle compilation du même titre que le livre… C’est devenu l’une des spécialités de ce label anglais. Soul Jazz Records explore depuis une vingtaine d’années les contrées du spiritual jazz. Des terres aussi deep qu’exquises.

Florent Servia

Et un petit aperçu de l'intérieur :

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