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L'Afrique est partout. Et dans le jazz en premier lieu. En un siècle d'histoire, le genre n'a eu de cesse d'étendre son patrimoine rythmique aux confins du monde, des cultures et des traditions. Les afro-mélodies furent mélangées, pour ne pas dire unifiées. Des auspices fraternisantes ont ainsi vu le jour pour cette black music désireuse d'émancipation, de revendication. Les rives opposées de l'Atlantique poursuivent aujourd’hui ce dialogue de toujours avec Havana-Paris-Dakar. D'un côté, le groove cubain des frères Lòpez-Nussa (Harold au piano et Ruy Adrian à la batterie et aux bongos), décloisonnant cha-cha-cha, rumba, salsa et châabi. De l'autre, la joie de vivre sénégalaise chantée par Alune Wade (par ailleurs bassiste de la formation). Et l'alchimie prend si bien qu'on en oublie les origines géographiques de la musique pour s'attarder sur son lyrisme jaillissant, avant tout, du cœur.

Mais parlons un peu d'histoire. Harold et Alune se sont rencontrés en Allemagne, en avril 2012. Le premier sollicita le second à l'accompagner à la basse... Merveilleuse et hasardeuse idée qui, des années plus tard, permit à ce Havana-Paris-Dakar de voir le jour. Si de La Havane à Dakar, le fossé paraît infini (mais somme-toute, musicalement, pertinent), le tissage transatlantique ne fut possible sans un certain ancrage cosmopolite. Dès lors, Alune ne peut qu’acquiescer : rien n'est mieux qu'un passage à Paris pour stimuler son désir de multilinguisme musical !

Cuba s'africanise, l'Afrique se latinise. Mais les couleurs sont toujours là. Ca groove souvent, mais non sans émotivité. Dans les vagues moments où le soleil semble s'égarer derrière les nuages, la poésie sénégalaise fait ruminer en notre esprit quelque chose comme « laisse-toi aller », alors que l'on s'abandonne à la volupté de jeu du pianiste, plus langoureusement jazz que ses compères. Ça-et-là, c'est un vœu d'évasion en terre-promise qui nous est soufflé à l'oreille. Terre-promise de pureté et de chaleur, vous vous en doutez. Mais quelle est-elle ? Caraïbes, Afrique ?... Assurément aucun des deux : le soleil est en nous, mais aussi dans la musique ! Parce que le jazz est un biais de partage, d'expression et d'échange, le bonheur n'aura pour seule réponse que l'unité.

Alexandre Lemaire

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