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Le déjà bien alléchant catalogue du label parisien PJU s'est agrandi en ce mois de septembre grâce au saxophoniste franco-arménien Alexis Avakian et à son tout premier album en tant que leader, Digging Chami. Jusqu'à maintenant plus connu pour ses travaux effectués aux côtés de Zool Fleischer ou encore Franck Amsallem, Avakian nous invite ici à découvrir son univers musical regorgeant de bonnes surprises.

Avec le titre  "Aware", l'album démarre de manière classique mais efficace: un tempo assez élevé, des mises en places dynamiques et une batterie bien présente pour un morceau qui rappelle aisément la tendance que suit le jazz français aujourd'hui. Mais, au fur et à mesure que les pistes défilent, cette faible sensation de déjà-vu s'estompe et laisse place à l'originalité poignante des compositions du saxophoniste. En effet, nous voilà plongés, dès le troisième morceau, dans ce monde bien particulier au sein duquel évolue avec aisance un ensemble d'instrumentistes aux personnalités musicales très marquées. Parmi eux, Artyom Minassian, qui dote ce disque d'un lien très fort avec la musique traditionnelle arménienne à l'aide de son Doudouk (instrument arménien pouvant être assimilé à un genre de petit hautbois) et de la plume d'Alexis Avakian.

Plume ici chargée de dépeindre au mieux la rencontre entre le jazz et la musique de son pays d'origine, et ce jusque dans le choix du titre: 'Digging' ('apprécier', en anglais) est un mot que l'on retrouve très souvent dans le vocabulaire du jazz et 'Chami' est le diminutif du prénom de l'arrière grand-mère arménienne du saxophoniste. Plus aucun doute, la mission première de cet opus est donc bien de nous faire découvrir tout ce que cette rencontre a de bon.

Mais ne vous fiez pas entièrement à mon utilisation très libérale du verbe 'découvrir' car toute découverte est ici implicitement doublée d'un sentiment d'approfondissement certain grâce au répertoire au combien varié de l'album qui nous emmène toujours bien au delà de la simple surface. En effet, chaque morceau paraît véhiculer un message similaire mais jamais sous le même angle de vue, et la cohérence omniprésente qui en découle renforce grandement la puissance de la musique. A l'image de cet état d'esprit, la version du standard de Richard Rogers, 'Spring Is Here', que nous propose Avakian est des plus intrigantes. L'intro de Doudouk très connotée et les parties de contrebasse/batterie bien rythmées (pour une chanson souvent jouée en ballade) nous démontrent de manière très construite à quel point le saxophoniste s'est ici approprié ce grand standard dans le but, encore une fois, de nous faire partager sa vision personnelle de la musique.

Chapeau bas, donc, pour cette entrée en matière curieuse et fracassante qui m'aura, en prime, appris à utiliser le mot 'découvrir' avec plus de retenue. Merci Alexis.

 

Antonin 'Découvrir' Berger

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