metzger-matthieu_selfcooking_w Membre de l'ONJ, c'est seul que le saxophoniste Matthieu Metzger se présente dans ce disque. Self Cooking est un voyage dans son univers, dans ses créations qui s'enchaînent pendant presque une heure.

Il faut vous prévenir (vous rassurer?), vous n'allez pas écouter cinquante minutes d'un saxophoniste isolé devant son micro criant toute son angoisse. S'il est bien le seul musicien jouant sur ce disque, Matthieu Metzger est venu avec sa collection d'instruments qui vont se superposer sur chaque morceaux. Des saxophones bien sur et, ce qui fait l'originalité du musicien, son attirail de machines. Il est donc homme orchestre entre le jazz, la musique improvisée et la musique électronique. Cela implique une dernière mise en garde : si nous parlons de musique électronique pour ce disque, n'y entendez pas electroswing ou electrojazz. Nous en sommes bien loin!

Le disque s'ouvre avec une légèreté déroutante, un air militaire loin des sonorité expérimentales que nous réserve la suite. Puis Il se tourne vers des musiques plus abstraites, le formalisme disparaît. Des nappes de saxophones séquencés à des parties d'orgue fanfaronne, des distorsions électroniques à une chorale vocodé, on passe par tous les états. L'ensemble est décousu et l'artiste ne s'en cache pas : "sans unité à justifier, ou de concept tragique. Il s'agissait juste, en somme de vous cuisiner quelque chose d'abstrait et de joyeux". Le risque étant qu'on se perde, voir qu'on se lasse dans des compositions posées en vrac. C'est parfois le cas au cours de quelques morceaux mais on s'y remet toujours. Heureusement d'ailleurs les deux derniers morceaux, "Lennie R. nue au soleil..." "... caressant un rocher", restent les plus convaincant et les plus prenant.

Même si Matthieu Metzger se présente a priori comme un saxophoniste, l'électronique est maîtrisée, souvent bien utilisée. Il nous expose une vue d'ensemble de son travail personnel qui prendrait presque la tournure d'un CV musical. Un disque singulier qui mérite d'être écouté mais qui ne conviendra pas à tout le monde.

Florian Mugnier

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