Bruno Canino & Enrico Pieranunzi, Americas (Camjazz)

Bruno Canino est unpianiste qui s’attache aux œuvres contemporaines de Berio , deXenakis ainsi qu’aux partitions des grands classiques comme Bach ; Enrico Pieranunzi , lui, laboure les terres du jazz en s’offrant, de temps à autre, une virée vers des compositeurs du monde classique comme Scarlatti, des compositeurs dont les œuvres supportent l’improvisation. Avec cet album, les deux amis italiens se font les émules de Chick Corea et de Herbie Hancock en s’octroyant le droit de dialoguer sur des œuvres du répertoire des musiques populaires des Amériques.

Si l’album prend le titre de Americas avec un « s », c’est bien pour souligner que le voyage filera un long périple de l’hémisphère nord à l’hémisphère sud du continent américain, des Etats Unis d’Amérique à l’Argentine.

Le répertoire, assez peu révolutionnaire il est vrai, du côté des USA, visite Aaron Copland (un « Danzon Cubano » assez enlevé), William Bolcom, compositeur assez méconnu en Europe mais qui avait composé un cycle de chansons sur des poésies de poétesses américaines à la demande de la grande chanteuse mezzo - soprano Marilyn Horne ( « Old Adam » ) et l’indémodable et incontournable George Gershwin (« I Got Rhythm », ici nos deux compères se lancent dans une longue et commune adaptation à partir de la version originale pour piano et orchestre).

Pour représenter la musique argentine, il était impensable de ne pas choisir des compositions d’Astor Piazzolla et celles retenues ont belle allure : «  Fuga Y Misterio », « Milonga Del Angel » et « La Muerte Del Angel ». Plus intrigant est le choix de Carlos Guastavino (1912 – 2000), bien méconnu en nos contrées. Ce dernier, qui était parait-il un pianiste de talent, a essentiellement composé pour son instrument de prédilection et pour la voix, souvent sur des poèmes de Rafael Alberrti, Pablo Neruda, Jorge- Luis Borges et même Atahualpa Yupanqui. De lui, on découvrira avec plaisir ses penchants romantiques dans«  Muchacho Jujeno » et«  Las Ninas de Santa Fé ».

C’est Astor Piazzolla qui emporte la mise avec sa musique ténébreuse. Un disque de beau piano, agréable à l’écoute mais un peu anecdotique.


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