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Foehn Trio, Magnésie (Mad Chaman)

Une bouffée d’air frais signée Foehn Trio

Ce jeunetrio rhône-alpin a le vent en poupe. Après avoir remporté le tremplin Cosmo Jazz 2016, un Doua de Jazz la même année et étant sélectionné comme artiste émergeant JAZZ(s)RA pour 2018, rien que ça. Après une rencontre en mai 2016, les trois musiciens ont décidé de créer une formation piano-contrebasse-batterie, avec dans l’ordre : Christophe Waldner, Cyril Billot et Kevin Borqué. Palliant à la banalité de ce type de trio par leur créativité et l’aspect aérien de leurs compositions, le Foehn Trio se démarque très rapidement comme un groupe à suivre sur la scène jazz nationale.

Il fallut d’ailleurs très peu de temps pour que leur groove parvienne aux oreilles d’André Manoukian, entité de l’industrie musicale en france ayant récemment lancé son label « Mad Chaman » à Chamonix, s’équipant d’une superbe maison d’artistes et d’un festival répondant au nom de Cosmo jazz. Après un tremplin remporté au cours de ce dernier, le trio s’est retrouvé en studio dès novembre 2016 pour l’enregistrement de ce 1er album.

Des influences variées rythment les dix morceaux de cet opus, avec des évidences comme Tigran Hamasyan ou Shaï Maestro, le jazz nordique d’Esbjorn Svenson et Lars Danielson, ou même certaines inspirations plus exotiques comme le hip-hop, la musique orientale ou bien même l’univers cinématographique de Miyasaki. Cet ensemble constitue l’ambiance du groupe, la marque de fabrique de Foehn, une fusion de sonorités venues d’ailleurs avec l’expérimentation du « nouveau jazz », le tout assaisonné par l’air pur des montagnes.

Le morceau « Pili-pili » résume parfaitement cet univers si particulier, avec une mélodie aérienne et entrainante par le doigté de Christophe Waldner, soutenu par la ligne de contrebasse imprévisible de Cyril Billot, jouant intelligemment avec les transitions du morceau, ainsi que les nombreux changements de rythmes, Kevin Borqué cadre cet ensemble avec un jeu de baguettes chirurgical, utilisant l’ensemble de son instrument pour poser les fondations d’un jazz quasi schizophrène rappelant avec joie les structures alambiquées du grand Mingus.

Foehn Trio n’intègre que très peu de sonorités électroniques dans ses compositions, seul le pad de batterie permet à Kevin quelques excentricités en vue de poser une ambiance sur le morceau. Ce choix force le trio à se surpasser en terme de créativité, ne pouvant s’aider ni de l’originalité de leur formation vue et revue, ni de l’électronique, celui-ci doit de fait puiser à la source pour proposer une musique nouvelle, surprenante et agréable. Cette source, c’est tout bêtement dans les montagnes que le trio est allé la chercher comme sur la piste « Call of the moutains », résonant comme une hymne à la nature, il prouve la volonté de Foehn de vouloir épurer au maximum leur son, en y intégrant toutes leurs inspirations variés, et en laissant les fioritures sur le côté. C’est cet aspect pur et honnête que Magnésie laisse paraître, offrant à l’auditeur un plaisir d’écoute, à travers un voyage dans le temps et dans l’espace particulièrement agréable. 


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