Edmond Bilal Band, Starouarz (Jazz Family)  
  
On l'appelle l'ovni -  « Citer Jul, ne pas citer Jul.. Citer Jul, ne pas citer Jul... » -, L'Edmond Bilal Band est le père de Starouarz, album enregistré au studio le Canapé Bleu près de Bordeaux où le groupe a crowdfundé son projet après quatre EP's autoproduits. Les quatre musiciens du groupe electro-accoustique proposent ici leur vision à la fois technique et musicale de la musique d'aujourd'hui.

  

Une guerre des codes

 « Aflica-E » la première piste propulse l'auditeur à une vitesse avoisinant les 130 bpm lumière sur des voies où se rencontrent des ingrédients compositionnels très variés d'harmonie jazz, pop et sonorités électroniques (le saxophone est relié à une pédale d'effet, ainsi que le clavier à l'instar de Kneebody). Ainsi que des éléments hip-hop (certains morceaux improvisés que l'on qualifierait d'"interludes" dont la durée ne dépasse pas les 3 minutes ).

 Ici les références à des univers musicaux différents se succèdent aussi aisément que les mesures impaires. Grand Pianoramax pour le côté jazz spatial et Julien Loureau pour la promiscuité dans l'écriture du duo saxophone-clavier ont voyagé dans les environs galactiques quelques temps auparavant. La basse électrique est très incisive, la batterie se forge un son mat et gras plutôt funk contre un son sablé et aigüe privilégié dans le jazz, autant de décisions sonores prises à l'encontre des traditions pourtant présentes dans les couleurs éthniques que prennent certaines pistes entre deux 5/8 temps bien executés ("M'Brabouch").

 Mais guère de sens

Si le mélomane s'est longtemps fié à la pochette du vinyle ou disque qu'il allait acheter pour lui donner des indices sur la musique ; il est ici très judicieux d'en faire autant ou au pire de laisser son avis se faire au cours d'une chronique. Car les titres, au plus pur sens nominal, pourraient remporter la palme d'or du Kamoulox, ou faire fuir les potentiels acquéreurs dans la minute où ils verraient écrit sur la face cachée du disque « Intrépide Endive » au niveau de l'endroit où aurait dû figurer un titre tout aussi délicieux que le morceau numéro 9.

Toutefois, c'est ce genre d'énigmes qui fait aussi l'intérêt de Starouarz, comprenant l'identité d'Edmond Bilal qui n'est en fait... aucun des membres du groupe. Ou encore ces titres dans lesquels on décéléra peut-être dans quelques années un anagramme, une indication sur une vie hors de la Voie Lactée ou les coordonnées d'un point dans l'espace.

Un coup de Jarnac
    
Malgré tout, l'unité de l'album est entière. Le trajet en compagnie de l'Edmond Bilal Band se déroule sans anicroche à une vitesse folle et cela est en partie du à la présence d'un autre morceau intitulé « Lascive Gencive » qui résoud la tension déjà grande à la lecture du titre de la neuvième piste et dans un second temps car les compositions sont brillamment exécutées et reflètent un endroit – peut être spatial, peut être terrestre – dans lequel les improvisations musicales et l'imaginaire se côtoient de très près. Et sur lequel il faudra garder un oeil.

Paul Robert : sax Mathias Monseigne : basse Curtis Efoua Ela : batterie Simon Chivallon : clavier
    

Chroniques - par Axel Delabrosse - 15 août 2017


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