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Orchestre National du jazz, Europa Oslo

Fin du périple et des déambulations du nord et sud; loin du désamour actuel de l’Europe ; en une démarche empathique qui cherche à  appréhender l’âme de chaque ville choisie et à favoriser les échanges. Alors que sa nomination au poste de directeur artistique de L’ONJ ne fit pas l’unanimité, c’est le moins qu’on puisse dire, après la réalisation de trois disques (Europa Paris en 2014, Europa Berlin en 2015 et Europa Rome en 2016), le compositeur et guitariste Olivier Benoit lève toutes les réticences et conquis la critique musicale nationale avec son dernier opus : Europa Oslo. C’est qu’il est un homme de caractère, avec de l’énergie à revendre et des principes qui le poussent vers les contrastes loin des lignes toutes tracées. Il a su embarquer dans un projet au long cours des musiciens à forte personnalité et gagner leur respect. Ne serait-ce que pour cela, il mériterait déjà un satisfecit.


Mais il y a plus : un discours où  les musiques nouvelles happent le rock. Ce trip sonore, avec des plages parfois longuettes et des compositions chargées d’émotion, met en valeur les possibilités offertes à une formation de douze musiciens pour varier les textures, les architectures, les oppositions de timbres et de nappes sonores. Europa Oslo est une œuvre complexe qui se glisse entre modernisme anxiogène et une certaine sérénité. Cet essai représente-t-ilvraiment la capitale qu’est Oslo ? Je ne saurais dire, mais il emporte l’adhésion par son ouverture au jazz, aux musiques nouvelles biberonnées au rock,  à l’électronique, au chant, à la poésie.

L’italienne Maria Laura Baccarini, comédienne plus que chanteuse, en une maîtrise parfaite de l’anglais, habite la poésie de l’écrivain norvégien Hans Petter Blad et passe, sans coup férir, du murmure au cri. Elle est allée sur un terrain plus rock et jazz que sa pratique habituelle mais elle endosse une large part du lyrisme qui baigne l’ensemble. « Intimacy » signe le retour d’Olivier Benoit à la guitare. Les cuivres en nappes survolent les envolées de la guitare et l’implacable pulsation de la batterie sur « Det Har Ingenting à Giore ». Tous les musiciens sont à féliciter mais on relèvera les prestations de Fidel Fourneyron (trombone), Hugues Mayot (sax alto), Fabrice Martinez (trompette), Paul Brousseau (fender rhodes) et Eric Echampard ( batterie).

Chroniques - par Philippe Lesage - 2 juin 2017


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