Jean-Marie Machado / Didier Ithursarry, Lua (Cantabile/L'Autre Distribution)

Tout le monde connait « Au clair de la lune », la chanson populaire française dont la mélodie est très caractéristique, ainsi que les paroles, surtout celles du premier couplet :

« Au clair de la lune, Mon ami Pierrot, Prête-moi ta plume Pour écrire un mot. Ma chandelle est morte, Je n'ai plus de feu ; Ouvre-moi ta porte, Pour l'amour de Dieu. »


Certaines sources de la version originale diraient, Prête-moi ta lume plutôt que, Prête-moi ta plume. Lume, du mot lumière, indispensable pour écrire surtout lorsque la chandelle est morte. Je ne sais si les deux musiciens ont décidé de mettre en musique la chanson populaire, mais tout au long des 10 morceaux de cet album la recherche de lumière pour écrire et interpréter, va se faire dans une ambiance de clair-obscur.  « Sentier Évanoui » en est un exemple frappant, la danse intime entre le piano et l’accordéon où, alternativement et inversement, l'un assure les basses, l’autre les aigus.

Il est vrai que les deux compères se connaissent depuis plusieurs années. Ithursarry joue, dans l'orchestre Dansaz de Machado, mais c’est la première fois que ce duo sort un album. A certains moments il semble qu’il n’y ait plus qu’un seul instrument, comme au milieu de « Aspirer la lumière». Mais cela n'est pas toujours le cas, au début de « JSB » le jeu question réponse est très marqué et chaque instrumentiste ne joue que quand l'autre arrête. Dans le jeu de ce duo, rien n'est figé.

 


Mais quel est le secret de cette réussite ? Aujourd’hui ce sont les astres qui nous aident !
La lune se sert de la lumière du soleil pour en refléter une partie, n'ayant pas de source lumineuse propre intérieure, dès qu'elle s'en éloigne, elle retrouve sa froideur et son obscurité. C'est bien à cela que nous assistons dans Lua. Parfois Machado part sur un thème avec rayonnement solaire et alors Ithursarry vient l'accompagner, le canaliser et puis c'est le tour de l'accordéoniste de faire de même. Ce cocktail soleil/lune permet deux interprétations singulières des reprises « Nocturne N°1 (Frédéric Chopin) » et « Perseguição » d’Avelino De Souza et Carlos Da Maia.

Comme la vie sur terre a besoin de l'alternance du soleil et de la lune, les deux musiciens ensemble, avec un immense respect de l'autre, interprètent la composition très énergique de Machado « Broussailles ». Cet album est un réel travail sur la lumière, de la même façon que le dernier album de Jean-Marie Machado Impulse Songs avait été un travail sur l'impulsion rythmique. Le dernier couplet de la chanson populaire « Au clair de la lune » résume bien l’état dans lequel on est à la fin de l’écoute de Lua :

« Au clair de la lune, On n'y voit qu'un peu. On chercha la plume, On chercha le feu. En cherchant d'la sorte, Je n'sais c'qu'on trouva ; Mais je sais qu'la porte Sur eux se ferma... »

On ne saura pas qui fut la lune et le soleil,  mais nous avons l’assurance que la plume de l’écriture et le feu de la musique furent trouvés.

Jean-Marie Machado - piano et compositions : Didier Ithursarry - accordéon.

Chroniques - par Jean-Constantin Colletto - 12 mars 2017


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