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Immanquable!

Papanosh, A Chicken in a Bottle (Yellowbird records/Label Vibrant)

Dès la première phrase du titre éponyme, « A Chicken in a Bottle », le groupe Papanosh interpelle. Est-ce du be-bop avec cette frontline saxophone/trompette ? Ça devient de suite trop sinueux, on se rapproche alors plus d'Onette Coleman et du courant Free. Et lorsque la rythmique rentre, l'ostinato possède un certain côté hard-bop. Le disque annonce, dès le départ, la richesse et la diversité qui le constitue sans pour autant tomber dans le patchwork post-moderne.

Pour ces dix ans, le groupe offre une musique éclatée – voire éclatante – mais toujours extrêmement cohérente. Les cinq musiciens arrivent à rallier un très grand nombres d'influences dans un ensemble intense, solide et équilibré. Papanosh flirte parfois avec le festif sans tomber dans la caricature, dans l'intimisme sans pathétisme, dans la longueur mais sans ennui.


La dynamique est aussi un point important de ce disque. Elle semble toujours bien maîtrisée, violente et subtile à la fois. Un titre comme « El Toro » est un bon exemple d'une progression dynamique originale, créant une tension subtile et contenue qui se substitue soudainement à une atmosphère plus posée. « Moquette » délivre aussi un discours intéressant où pour une fois le cliché feutré et polar sied parfaitement au jazz.
La musique du quintette est aussi une musique de surprise. Autant dans les breaks toujours variés et étonnants – tel le passage contrebasse à l'archet et piano succédant à un solo de trompette ravageur sur une rythmique latino-funk dans « Bierbeek » – que dans la gestion de la dissonance. Ce goût pour l'audace de toujours courtiser les notes les moins attendues confère à la musique une authenticité certaine.


Puis il y a le son. Un son tout aussi substantiel que le reste. Les soufflants sont parfois incisifs - « 160 bpm » rappelant un Albert Ayler enjoué – chuchotants et graves – « Plain gold ring » – ou encore légers et subtiles – « Hermanos ». L'interaction possède aussi une place notable donnant une réelle vie et unité à la musique. Le piano par ses interventions sait toujours surprendre avec justesse – la transition du piano vers le retour du thème de « Monsieur Shadows » aux élans impressionnistes au sein d'un shuffle intense, en témoigne.  La ballade « Pour André » clôturant ce disque constitue quant-à elle une coda nostalgique et apaisée tout aussi surprenante.
La musique est ici si riche que quelques paragraphes ne suffisent pas à en donner toute l'ampleur.


Quentin Ghomari : trompette / Raphaël Quenehen : saxophones / Sebastien Palis : orgue B3, piano / Thibault Cellier : contrebasse / Jérémie Piazza : batterie

Par Paul Albenge - 14 février 2017


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