Capture d’écran 2017-11-02 à 21.41.45.png

West Coast Vocalists, une révolution en douceur. 1953-1961

Avant son décès le 30 juin dernier, Alain Tercinet, qui était un homme adorable et un grand historien du jazz, avait remis aux Editions Frémeaux les éléments de l’anthologie West Coast Vocalists. Cette magnifique anthologie West Coast Vocalists,  sous–titrée : «  une révolution en douceur »,  devrait pousser les mélomanes de toutes les générations à se plonger avec délectation dans ce style West Coast qui fut une alternative élégante à l’orthodoxie Be Bop et qui ne manqua pas de bouleverser l’art vocal américain. Le style cool, sans chef de file désigné, est un mouvement à la réalité complexe et mouvante qui favorise l’écriture, les mariages audacieux de timbres. Le chant relevant du style cool atteindra sa maturité dans la seconde moitié des années 1950, paradoxalement au moment même où  les versions purement instrumentales commencent à passer de mode.


C’est Chet Baker qui esquissera les premiers pas en 1954 en enregistrant son premier recueil de vocaux (albums Chet Baker Sings et Chet Baker Sings and Plays où il aborde des thèmes qui l’accompagneront durant toute sa vie artistique : « My Funny Valentine » ; « The Thrill Is Gone » ; » You Don’t Know What Love Is »)). Il est  suivi  l’année suivante par June Christy qui offre son plus bel album :   Something Cool (avec le Pete Rugolo’s Orchestra ; parmi les membres de l’orchestre, on relève les noms de Shorty Rogers, Bud Shank et Bob Cooper).


Que se passe-t-il donc de si nouveau ? C’est simple : les vocalistes « cool » changent la façon de chanter en cherchant à se fondre dans la masse sonore à l’égal d’un instrumentiste et ils valorisent la suggestion plutôt que l’affirmation. Et c’est la signature des arrangeurs qui assurent la perfection en faisant imploser les conventions et en signant les audaces instrumentales. Ils ont pour nom Pete Rugolo, Dave Peel, Shorty Rogers, Johnny Mandel, Marty Paich. On se délectera des plages des chanteuses  Jeri Southern (également pianiste de talent), June Christy,  Peggy Lee,  Julie London et des voix masculines  de Chet Baker et Mel Tormé. Comme friandises, on pourra relever un joli «  I’m Gonna File My Claim » par Marilyn Monroe ou «  Accidents Will Happen » par l’acteur Tony Perkins, deux personnalités qui auraient pu choisir le chant plutôt que les studios de Hollywood.

Chroniques - par Philippe Lesage -  2 novembre 2017


Autres articles

Comment

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out