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Immanquable !

Courtois/Erdmann/Fincker, Bandes Originales (La Buissonne)


Pour réviser les souvenirs cinéphiliques, c’est simple,  il suffit de se laisser porter par Bandes Originales, l’album conçu par le violoncelliste Vincent Courtois et les saxophonistes Daniel Erdmann Robin Fincker.  C’est une écoute qui vaut la peine tant elle déroge aux canons habituels des relectures de musiques de films. Bien sûr, vos images mentales vont, une fois encore, se confondre avec les images visuelles ancrées dans la mémoire de la rétine mais étrangement de nouvelles émotions vont affleurer.


Ce trio, à la virtuosité instrumentale réellement confondante, s’écarte de la parodie et de la dérision, garde une fidélité à la lettre et à l’esprit,  et néanmoins signe un décentrage des souvenirs pour aviver quelque chose de neuf. On prend acte des déclarations de Vincent Courtois : « Nous nous sommes attachés, en relisant les mélodies simples de dix films, mélodies simples mais chargées d’un pouvoir narratif, à ne jamais quitter le sens profond et surtout poétique, à trouver le juste équilibre entre évocation et relecture, respect de l’œuvre et invention débridée ».


Tout ici ensorcèle. L’inattendu se cache au coin du bois ; comme pour décaler le regard que nous avions sur un film.  Toutes les compositions embrassent des styles différents ; les atmosphères passent insensiblement de l’austérité janséniste ( « Le Badinage » de Marin Marais issu du film Tous Les Matins du Monde d’Alain Corneau) à l’ironie de Manhattan ( « Take de Money And Run » de Marvin Hamlisch écrit pour le film éponyme de Woody Allen) en passant par une tarentelle diaboliquement angoissante ; et pourtant on a l’impression d’un continuum ; comme si on avait à faire avec un film en devenir, en recherche de son point d’équilibre.


On retiendra «  His Eyes her eyes » la composition de Michel Legrand pour L’affaire Thomas Crown et la Variation qu’en donne le trio, « Hiroshima, Mon Amour «  de Giovanni Fusco pour le film d’Alain Resnais et « E.T. The Extra – territorial » de John Williams. Quant à moi, les mélodies de Nino Rota m’ont toujours vrillé le cerveau ; ce n’est donc pas celle de Plein Soleil (le film de René Clément) et sa « tarentelle » qui va bousculer mes habitudes. Engager le disque sur les sons acides du violoncelle qui se substitue à la viole de gambe sur « Le Badinage » de Marin Marais était une gageure mais le pari est tenu ;  il fixe le ton qui sera donné à l’album, celui de l’inventivité.

Le 23 octobre, au New Morning, Vincent Courtois célèbrera les 30 ans du label La Buissonne, entouré de grands musiciens français !

Chroniques - par Philippe Lesage - 7 octobre 2017


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