Richard GallianoNew Jazz Musette

Dans les années 1980/90, l’image vieillotte qui était attachée à l’accordéon était telle qu’il fallait une bonne dose de courage ou d’innocence pour oser ripoliner le musette aux accents du jazz; et sans perdre ses racines. Il est vrai que Richard Galliano avait bien sous les yeux l’exemple du «  Nuevo Tango » lancé par Astor Piazzolla pour monter au front le piano à bretelles en guise de baïonnette. Musicien aguerri et passé par le conservatoire (accordéon, trombone, composition, arrangement), Richard Gallianomet donc au point la formule du «new musette» de si belle manière qu’il s’impose alors commele principal artisan du renouveau de l’accordéon dans le jazz, ouvrant ainsi le champ à Vincent Peirani ou Didier Ithursarry.

Selon le principe qui veut que ce n’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire des grimaces, Richard Galliano fait appel aux compagnons de route de toujours pour signer la synthèse de sa longue pratique du métissage du musette avec le jazz. Inscrits dans la sensibilité de l’époque actuellemais la mémoire des temps anciens pour respiration, chaque membre du quartet tient à merveille sa partition. C’est chaloupé sans excentricités. Tout swingue, virevolte. C’est lumineux avec des irisations.  C’est finalement l’embrasement d’une histoire du sud dans la mesure où Richard Galliano et André Ceccarelli sont niçois et Sylvain Luc basque de Bayonne. Ce dernier est presque un trait d’union puisqu’il a participé au trio que Galliano avait créé en 99 puis participé au trio Sud de Ceccarelli. 

« A French Touch», c’est le titre de la première plage ; à juste titre. On s’inscrit bien dans la filiation de Gus Viseur (qui était belge, au demeurant) et de la gouaille de Jo Privat. On a l’impression de déambuler rue de Lappe au temps où la boule colorée du Balajo illuminait les pas des couples sur le parquet de la piste de danse. Dans nos yeux affleurent aussi les images des guinguettes des bords de Marne,  des films de Renoir et de Julien Duvivier, les photos de Doisneau. Mais comme un contournement par les ailes, on se remémore aussi le versant jazz des enregistrements d’Art Van Damme, de Tommy Gumina, de Mat Matthews. Il y a aussi, iciet là, quelques réminiscences de la nostalgie rêveuse de Nino Rota, des accents rythmiques de Piazzollaqui donnent ce sentiment de vagues qui viennent et reviennent se fracasser sur la plage.

Celui qui fut, pendant plusieurs années, le directeur musical,  l’arrangeur et parfois le compositeur de Claude Nougaro (autre histoire du sud) a la reconnaissance du ventre puisque «  Tango pour Claude » ne peut qu’être dédié au chanteur.

Difficile de retenir untitre plus qu’un autre : tout est beau ; seule réserve : aligner un second CD,  c’est un peu proposer un dessert étouffe-chrétien !


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