OzmaWelcome Home (Cristal Records)

Jouissif. A en rire et à en pleurer (de joie) jusqu’à en avoir le cul par-dessus tête.

Pour prendre son pied, c’est simple : il suffit de se laisser porter par l’intelligence du propos, parl’humour plus ou moins potache qui traverse le tout et par l’étincelante prestation des solistes (Guillaume Nuss est renversant au trombone, le guitariste Tam De Villiers est à l’équerre avec son acolyte Julien Soro aux saxophones). Cette geste musicale est tellement impressionnante et surprenante que finalement je ne sais comment la décrire sinon par le mot « rabelaisien ». C’est «  hénaurme » et jubilatoire et d’une profondeur inouïe. Cette musique épicée ne brule pas les papilles, elle n’a rien d’une «  nouvelle cuisine » chichiteuse sans beurre ni sauce mais elle n’est pas non plus roborative comme les plats en sauce de nos grand-mère. Mais foin des étiquettes et des correspondances,  laissons-nous porter par unflot musical qui chamboule les esprits sansjamais êtregratuit.

C’est le sixième album d’une formation qui semble plus soudée que jamais  surtout, ne pas oublier le rôle d’Edouard Séro-Guillaume à la contrebasse et de Stéphane Scharlé à la batterie dans la dynamique et l’énergie du projet) autour d’une démarche libertaire toute en prise de risque dans une fausse désinvolture (la maîtrise technique irréprochable des instrumentistes leur permet de s’exposer à tous les excès). 

Le dossier de presse souligne une bonne dose de groove, des riffs ravageurs, des explosions sonores, des mélodies serrées et nerveuses, des hymnes pop et des feulements sauvages, des confidences soufflées, la verve des fanfares de la Nouvelle Orléans, les unissons prog rock etjazz, les formes longues aux contrastes captivants, les contrepieds et contrepoints ainsi que la tension dynamique et l’énergie brute.  Pour une fois, un dossier de presse devient presque objectif.


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