Neil Cowley trio, Spacebound apes

Cet opus est un astéroïde en provenance du fin fond du cosmos ! Spacebound Apes, concept album du trio de Neil Cowley, pourrait bien traverser l’atmosphère de la planète jazz lors de sa sortie le 16/09/2016 et en redéfinir le paysage… Le pianiste n’en est pas à son coup d’essai. De formation classique, Neil Cowley a participé très tôt à différentes formations soul, pop, jazz rock ou funk (dont Brand New Heavies), développant un goût pour les mélodies accrocheuses et s’affranchissant des frontières de genres ou de styles.

Le trio s’est approprié une écriture singulière, au travers d’une discographie riche de cinq albums, par une dynamique, un sens du suspens et de la mise en scène particulièrement saisissant. Il délivre une musique qui semble avoir la faculté de dilater le temps, de suspendre le cours des évènements, et de défier les lois de la pesanteur. Spacebound Apes s’ouvre ainsi par une longue introduction à l’ambiance abyssale et intrigante (le bien nommé « weightless »). Il faut se laisser happer par le continuum espace-temps de l’album, pour explorer en aventurier les différentes planètes sonores que constituent les pistes de cet œuvre galactique. Et quelle épopée s’offre à nous !

De « Hubris Major » et son hymne pop à « The city and the stars » à la pulsation résolument rock, le groupe sait alterner accélérations spatiales fulgurantes et transits en orbite dans une cinematique parfaitement orchestrée. Comment résister à l’attraction gravitationnelle envoutante de « Grace » et de ses vibrations magnétiques qui réconfortent le voyageur au long cours dans une rêverie aux images colorées ? L’astre incandescent de ce système solaire, « the sharks of competition », lui, rayonne encore longtemps de son rythme entêtant, et sa magnitude ne vient s’apaiser qu’à l’approche de la dernière nébuleuse de la galaxie, « The return of Lincoln ».  

Cette musique qui n’a d’autre prétention que de nous débarrasser de nos repères est tout simplement à couper le souffle. Il s’agit bien ici de jazz, mais d’un jazz dépouillé de son vocabulaire savant et de ses réflexes idiomatiques, un son qui s’adresse au plus large public, tel un signal radio émis par ces hominidés venus des confins de l’espace pour nous inviter dans leur univers hypnotique. Alors, prêts pour le décollage ?

Neil Cowley – piano ; Evan Jenkins – Drums ; Rex Horan – Basse ; Leo Abrahams – Guitare.


 

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