Jazz at Philarmonic VICeltic Roots (ACT)

Pour tous ceux qui ont été bercés depuis leur plus tendre enfance par the Bothy Band, Planxty, les Chieftains, Carré Manchot, the Iron Horse et autres joyeusetés « Celtiques », avec un grand C. Pour tous ceux qui rêvent d'emprunter les sentiers serpentins du jazz, ses ponts, ses traverses, ses chemins de passe. Pour tous ceux qui désirent, dans un monde en permanente mutation - « Le changement, c'est maintenant !»-, s'accrocher à ce qu'on nomme communément Tradition, avec un grand T. Pour tous ceux qui aiment les lives parce qu'on y entend des applaudissements et que, c'est bien connu, un live, c'est plus authentique. Pour tous ceux qui ne les détestent pas mais n'aiment pas ça pour autant...mais se disent néanmoins que tout esthète se doit de les écouter de temps à autre. Pour tous ceux qui possèdent déjà les cinq autres opus de la série Jazz at Berlin Philharmonic dans leur discothèque. 

Pour ceux qui aiment les morceaux traditionnels d’Écosse, d'Irlande, d'Amérique du Nord, de Suède, de Norvège. Pour tous ceux qui se délectent par avanceà l'idée de voir fleurir dans leurs oreilles ébahies la carte des Celtic Roots, sa fraîcheur vivifiante, sa délicatesse, sa finesse, son savant mélange de jazz, folk et blues, ce tour européen dans les racines d'une musique qui louvoie sur des terres vierges décloisonnées. Pour tous ceux...

Pour tous ceux qui font une thèse sur la musique traditionnelle celtique et s'intéressent tout particulièrement à ses réminiscences dans la musique celtique moderne du XIXe s. Ou une thèse sur les aptitudes du jazz à incorporer d'autres cultures musicales, id est ses potentialités et ses limites. Ou sur les racines folk du jazz. Et/ou sur les multiples vagues d'émigrations irlandaises et écossaises à travers le prisme musical. Pour ceux qui ne font pas de thèse. Pour les jeux de guitare à la Paco des Lucia et à la John Butler Trio (le jeu de guitare final de « Willie Murray's Reel » et « Buck Ride » vs « Ocean »). Pour ceux qui s’échineraient, à tort ou à raison, à distinguer un zeste de Taj Mahal et un soupçon de Van Morrison dans la voix d'Eric Bibb - même si c'est moins bien, de toute évidence (on n'a rien contre toi Eric)... Pour tous ceux qui adorent les solis de flûte et se sentent aux portes du nirvana sitôt qu'ils entendent une note panique [1] (« Willie Murray's Reel »). 

Pour l'introduction « Opening », typique et endiablée qui reproduit le « Psalm » du multi-intrumentiste et compositeur de la scène jazz-folk écossaise Fraser Fifield et laisse les cornemuses usaient leur souffle à vau-l'eau. Pour les folks jolis comme « Mole In The Ground » qui incorporent des plages instrumentales celtiques traditionnelles (le morceau écossais « Da Silver Bow » savamment inoculé dans le dit-morceau). Pour certaines plages authentiquement plus jazz (le saxo soprano sur « On The Big Sea » ou sur le délectable « Lament For The Children / Den Første Gang » aux subtiles velléités improvisatrices). Pour tous ceux... Pour tous ceux..

[1] étymologiquement : qui a un rapport avec le dieu Pan ou avec les forces de la nature. 


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