Isabelle OLIVIERDon’t worry, be HaRpy, vol 2

Le critique musical se comporte toujours un peu comme l’acheteur de melons qui pèse et soupèse le fruit afin d’anticiper la saveur. Don’t Worry, Be HaRpy vol 2 est, dès les premières notes, un album goûteux comme un melon à point. Qu’il est bon en ces temps de morosité ambiante de croquer à belles dents dans une fable pas si naïve que cela sur les différences, la liberté et la création.

L’album est l’adaptation anglophone du roman de l’écrivain italien Italo Calvino Le Baron Perché (il est, reconnaissons-le, de plus mauvais manuscrit !) ;  c’est la réplique vocale et orchestrale, titre pour titre, d’un premier volume instrumental paru en 2014. En tout cas, le volume 2 est un petit bijou de fausse naïveté et de fraîcheur, un enchantement de chaque instant qui libère des surprises à chaque plage.

La musique est là où on ne l’attend pas :  on dérive insensiblement du son cristallin aux effluves gaéliques de la harpe à la spontanéité du jazz entrevu de manière classique, en passant par le style cabaret et la théâtralité de comédies musicales type Broadway, sans omettre, cela va de soi, des sonorités empruntées à la pop music et aux musiques noires d’aujourd’hui.

La beauté de l’ensemble tient à la lisibilité du récit, volontairement naïf sans être niais, et à la qualité des mélodies mais repose, pour majeure partie, sur l’ampleur des voix (toutes anglo-saxonnes) venues du monde du gospel, à l’expressivité décontractée des chanteurs et à la collaboration essentielle de jazzmen de l’envergure de Benjamin Moussay, Marc Buronfosse, Fabrice Moreau, Tam de Villiers, pour n’en citer que quelques-uns. Et, cerise sur la gâteau, le texte de Stéphane Ollivier accompagne intelligemment la découverte de l’album. 

 

 

 

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