Badbadnotgood, IV (Innovative Leisure)

 

C'est en réhabilitant des standards du hip-hop sur un mode hard-bop, en collaborant avec le rappeur Ghostface Killah sur Sour Soul et produit pour MFDoomEarl Sweatshirt, qu’on a, entre autres, découvert ce trio venu de Toronto. Jusqu’à III (2012), il pratiquait alors un cross-over sec et pulsé, à l'instar des secousses de son batteur Alex Sowinski, et qui n’a que ça de commun avec les mancuniens de Gogo Penguin.

Textures et couleurs ouvrent l'album avec « And that, too ». On y trouve une orchestration synthétique, en variations sur des petits thèmes. Comme sur « Lavander » ou « Chompy's paradise » pourrait être la bande originale d'un film d'espionnage des années 70. Les incursions de marimba, guitare, violoncelles et flûtes ne sont pas sans rappeler les arrangements langoureux de la samba Arthur Verocaï.
C’est un groove aérien, moins terne et plus ornementé qu’avant qui prévaut tout au long de IV.

 

Le punch est toujours de rigueur, et de jeunesse. « Confessions Pt II » a des accents punk-jazz. On y trouve le souffle continu et torsadé du saxophone baryton de Colin Stetson, auquel s'accroche le ténor de Leland Witthy. L'ouverture est soul. Sur « Times Moves Slow » et “In Your Eyes”, ils accompagnent respectivement Sam Herring de Future Islands et Charlotte Day Wilson. Les progressions se font par superposition, simples mais précises. Au clavier de Matthew Tavares et à la basse de Chester Hansen, les nappes se succèdent et viennent garnir et hydrater les ricochets très secs de la batterie. Ils réadaptent ainsi leurs habitudes de jeux au chant, fournissant un jazz-pop proche de celui de Jerry Paper.

Les chorus ont toujours droit de cité. Plutôt réservés au sax, ils redoublent les jeux rythmiques, offre du volume et de l'écho que les harmonies du clavier ne peuvent offrir. Le rap n’est pas oublié. Il se conjugue sur un mode psyché, celui du flow de Mick Jenkins sur « Hyssop of Love ». En l’absence d’ego, l’album n’est ni grandiose ni prétentieux, simplement tiré à quatre épingles.

Alex Sowinski (batterie) – Matthew Tavares (clavier) – Chester Hanser (basse) – Leland Witthy (saxophone, alto, guitare)

 

 

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